dimanche 20 mai 2018

François Bafoil : Max Weber. Réalisme, rêverie et désir de puissance

Hermann - Mars 2018


A peine âgé de 35 ans, Weber fut terrassé par la maladie et ne retrouva sa force créatrice qu'après une longue convalescence, à l'approche de la quarantaine, lorsqu'il publia les écrits sur la science et la religion. Largement fondé sur sa correspondance intime, cet ouvrage éclaire les liens entre la maladie nerveuse dont Weber souffrit jusqu'à la fin de sa vie, l'apologie de la volonté dont il fit l'une des lignes directrices de son oeuvre scientifique, et ses engagements nationalistes (notamment durant la Première Guerre mondiale). Dans cette saisissante biographie intellectuelle, François Bafoil illumine les zones d'ombre de la vie et de l'oeuvre de celui qui compte parmi les penseurs majeurs de notre temps. Il révèle les évolutions fondamentales de sa pensée, examine ses hésitations, ses ambivalences, ses constantes oscillations entre la revendication d'une volonté de puissance s'étendant jusqu'à l'extrémisme politique et la rêverie sur le désir, la mort et le retour à l'enfance. Au-delà de son intérêt biographique, ce texte introduit à la complexité d'une oeuvre phare autant qu'il propose une réflexion sur l'existence et la pensée humaines.

François Bafoil est sociologue, directeur de recherche au CNRS - CERI, Sciences Po. Il a notamment publié L'inlassable désir de meurtre. Guerre et radicalisation aujourd'hui (2017).

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Revue Lignes n°55 : MIGUEL ABENSOUR | La sommation utopique

Editions Lignes - Mai 2018


Grand lecteur, grand éditeur (de l’École de Francfort entre autres), et grand interprète des textes fondateurs et contemporains de l’utopie (de Thomas More à Walter Benjamin) – mais de La Boétie aussi bien –, Miguel Abensour, philosophe disparu en 2017, fait ici l’objet d’une première réflexion collective, en forme d’hommage. Avec la ferme volonté, aussi bien, de poursuivre son travail.

Miguel Abensour hélas disparu, il nous faut revenir à la lecture des livres et de tout ce qui se dispose autour d’eux : le travail éditorial, les entretiens, les articles, et bientôt les textes inédits. Cette lecture collective ne fait ici que commencer. Ce qui nous manque déjà, par-delà l’ami et son art exceptionnel de l’amitié, c’est la manière qu’il avait de faire vivre la constellation composée par l’ensemble de son œuvre, avec ses finesses et ses lois propres, mais surtout avec une discrétion telle qu’il importe aujourd’hui d’en expliciter la force et le parti pris politiques.

Miguel Abensour aura été le passeur qui a permis la lecture en France des livres majeurs de Adorno et Horkheimer. Il a fondé sa collection « Critique de la politique » en 1974, au retour d’un voyage aux États-Unis lors duquel il a découvert, dans un ébranlement complet, les livres de la première École de Francfort. Son enthousiasme pour la tâche philosophique théorico-pratique de ce qu’il préférait nommer le « cercle » plutôt que l’« École » de Francfort n’a guère été partagé par les philosophes français qui étaient ses contemporains. À cette solitude philosophique envisagée d’emblée comme un défi, s’est ajouté l’isolement dans lequel a été maintenue sa lecture du jeune Marx. Sa complicité profonde avec l’interprétation du marxisme utopique par Maximilien Rubel et Louis Janover a creusé souterrainement et de manière inexorable les sillons d’une nouvelle solitude dans une époque dévouée à la lecture althussérienne de Marx et dominée par la relégation du jeune Marx du côté des naïvetés présumées de l’utopie et de l’humanisme.

Miguel Abensour est ainsi devenu envers et contre tous, héroïquement, un des plus grands penseurs de l’utopie, un des plus grands passeurs des utopistes de tous les temps, depuis Thomas More jusqu’à Walter Benjamin. Et de manière conséquente il a aussi contribué à revivifier avec Louis Janover la tradition politique du communalisme et du conseillisme. La discrétion de Miguel Abensour ne doit donc pas être confondue avec une quelconque modestie ou réserve ; elle est la marque d’une résistance continue aux idées dominantes du présent, la caractéristique d’une force de jouteur sans égal ; elle devient désormais le schibboleth d’une communauté de penseurs déterminés à faire vivre l’actualité de la non-résignation – non-résignation politiquement décisive que Miguel Abensour nommait « la sommation utopique », et sur laquelle il enjoignait de ne pas céder, surtout dans ces temps qu’il qualifiait de crépusculaires.

Il s’agit de relancer dans la bataille ces concepts et ces notions, ces expériences et ces analyses, relancer ce que patiemment et généreusement Miguel Abensour nous a légués : une œuvre comme une institution civile qui permet de s’élever au courage que réclame la situation.

Ce numéro de Lignes propose de continuer la conversation avec Miguel Abensour au travers de ses œuvres, là tout de suite, d’emblée, sans attendre d’être figé par l’adversité.

Avec :

Louis Janover | Anne Kupiec | Catherine Chalier | Patrice Vermeren | Antonia Birnbaum | Gilles Moutot | Florent Perrier | Monique Rouillé-Boireau Christophe David | Daniel Payot | Valentin Pelosse Michel Enaudeau | Irving Wohlfarth | Sophie Wahnich | Michèle Cohen-Halimi | Simone Debout-Oleszkiewicz | Henri Lonitz

Numéro contruit par Michèle Cohen-Halimi et Sophie Wahnich

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samedi 19 mai 2018

Edmund Husserl : Idées directrices pour une phénoménologie pure et une philosophie phénoménologique

Gallimard - Mai 2018 - Bibliothèque de philosophie


Le livre I des Idées directrices pour une phénoménologie pure de Edmund Husserl est l'un des cinq ou six textes de philosophie les plus importants du XXè siècle. C'est, en effet, le texte fondateur de la phénoménologie. Pour la première fois depuis "l'ouvrage de percée" qu'avaient été ses Recherches logiques (1901), Husserl établit ici, au terme d'une évolution décisive, les principes et les méthodes qui rendent possible une science nouvelle, la science descriptive pure des structures de la conscience, la phénoménologie transcendantale. En révélant les lois implicites de la vie intentionnelle, et le pouvoir constituant de l'intentionnalité, l'ouvrage inaugurait un nouveau style de philosophie - l'analyse de l'expérience vécue. Cette nouvelle traduction française bénéficie des nombreux progrès réalisés par les études husserliennes depuis la traduction pionnière de Paul Ricoeur en 1950. Elle comporte, en outre, un riche ensemble de textes, jusqu'ici inédits en français, qui éclairent le contexte historique de ce traité fondamental.

Traduction : Jean-François Lavigne

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Roland Jaccard : Penseurs et Tueurs

Pierre-Guillaume de Roux - Mai 2018


Il n y a pas de pensée qui ne s'exerce sans une constante tentation suicidaire ou meurtrière. C'est même à cela qu'on reconnaît sa force. Cet essai en dessine les formes les plus extrêmes entre le grotesque et le sublime, le macabre et le chic. Avec la dose de provocation et d'humour que chaque lecteur voudra bien y mettre. L'esprit du temps a réduit les contours de la liberté de pensée. Une raison de plus pour troubler le conformisme ambiant, à supposer que cela soit encore possible. Un défi que Roland Jaccard tente de relever ici.

Roland Jaccard est l'auteur de trois classiques en matière de survie : L'Exil intérieur, La Tentation nihiliste et, aux éditions Pierre-Guillaume de Roux, De l'influence des intellectuels sur les talons aiguilles.

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vendredi 18 mai 2018

Julien Pasteur : Les Héritiers contrariés. Essai sur le spirituel républicain au XIXe siècle

Les Belles Lettres - Mai 2018


Nous n’aimons guère le spirituel républicain. Un spectre, dira-t-on, vestige de gloires révolues, épouvantail obsolète d’un imaginaire laïque passablement décharné.
Forgé dans l’atelier conceptuel de la Révolution française, irriguant le dialogue de la philosophie et des sciences sociales naissantes, le problème du gouvernement des esprits est le point névralgique du XIXe siècle. Et telle est la distance qui nous sépare d’auteurs apparemment aussi hétérogènes que Comte, Michelet, Tocqueville ou Pierre Leroux : rendre effective la liberté des modernes suppose d’abord d’affronter l’énigme du pouvoir spirituel. 
Heureux émancipés ou mélancoliques vitupérants, nous sommes les héritiers d’une sacralité républicaine qui fut conjointement cernée de tragique et ourlée d’espoirs. Ce livre retrace l’histoire d’une contrariété.

Julien Pasteur enseigne la philosophie à l’université de Bourgogne-Franche-Comté. Chercheur associé au laboratoire Logiques de l’agir, il est l’auteur de divers articles sur le républicanisme français du XIXe siècle.

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Nassim Nicholas Taleb : Incerto. Le Hasard sauvage/Le Cygne noir/Le Lit de Procuste/Antifragile

Les Belles Lettres - Mai 2018


LE HASARD SAUVAGE
Comment la chance nous trompe
Sommes-nous vraiment capables de distinguer le génie visionnaire de l'imbécile chanceux ?
Pourquoi nous obstinons-nous à vouloir trouver des messages sensés dans des évènements dus au seul hasard ?
Et n'aurions-nous pas une fâcheuse tendance à ordonner le réel selon une routine mentale biaisée, plutôt que de le voir tel qu'il est, avec toute son incertitude ?
S'inspirant de disciplines aussi diverses que la littérature, la philosophie, la théorie des probabilités, la science cognitive et la finance, Nassim Nicholas Taleb montre comment notre esprit nous conduit à voir le monde, et en particulier les mécanismes de la Bourse, comme beaucoup plus prévisible qu'il ne l'est...

LE CYGNE NOIR
La puissance de l'imprévisible
Quel est le point commun entre l'invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet ?
Pourquoi ne devrait-on jamais lire un journal ni courir pour attraper un train ?
Que peuvent nous apprendre les amants de Catherine de Russie sur les probabilités ?
Pourquoi les prévisionnistes sont-ils pratiquement tous des arnaqueurs ?
Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie : ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle.
Prophétique, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos de certains « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l'incertitude.

LE LIT DE PROCUSTE
Aphorismes philosophiques et pratiques
Dans la mythologie grecque, Procuste avait la particularité de couper les membres des ses hôtes ou de les écarteler pour qu’ils rentrent dans le lit qu’il leur offrait. Telle est, aux yeux de Nassim Taleb, notre société qui entend modifier les hommes pour qu’ils satisfassent les contraintes technologiques, reprochant à la réalité de ne pas être conforme aux modèles économiques. 
Renouant avec la forme classique de l’aphorisme, Taleb pointe avec humour et sans se prendre au sérieux les travers de notre monde tout en faisant l’éloge des valeurs antiques du courage, de l’élégance et de la lucidité.

ANTIFRAGILE
Les bienfaits du désordre
Le hasard nous rend meilleurs. Avec ce provocant paradoxe, Taleb nous offre un enseignement d'une portée révolutionnaire : comment non seulement surmonter les cataclysmes de notre temps – ces Cygnes Noirs qui fondent sur un homme, une culture, une civilisation, les bouleversent et les réduisent à néant –, mais en faire une source de bienfaits. De même que le corps humain se renforce à mesure qu'il est soumis au stress et à l'effort, de même que les mouvements populaires grandissent lorsqu'ils sont réprimés, de même le vivant en général se développe d'autant mieux qu’il est confronté à des facteurs de désordre, de volatilité ou à quoi que ce soit à même de le troubler. Cette faculté à non seulement tirer profit du chaos mais à en avoir besoin pour devenir meilleur est « l’antifragile ».
Promenant son lecteur dans les rues tonitruantes de Brooklyn, les chemins de la pensée antique ou les méandres des neurosciences avec autant d’aisance, ce livre laisse une question en suspens : êtes-vous prêt à devenir antifragile ?

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Claude Debru : Georges Canguilhem, science et non-science

Rue d'Ulm - Mai 2018 - Collection : Figures normaliennes


Personnalité hors normes, à la fois philosophe et médecin, Georges Canguilhem (1904-1995) a communiqué à la pensée philosophique française un élan nouveau, par la puissance d’une réflexion menée au carrefour des pratiques humaines, des sciences, des techniques et de la médecine. 
Cet ouvrage commente certains aspects toujours actuels de son œuvre : la rationalité du pathologique et la normativité humaine, la nature de l’histoire des sciences et celle de l’activité scientifique, les rapports entre science et non-science. Rédigé par un élève de Georges Canguilhem, ce livre est une contribution à sa mémoire et un appel à suivre sa voie. 

Claude DEBRU a été professeur de philosophie des sciences à l’École normale supérieure. Il a notamment publié L’Esprit des protéines (Hermann, 1983) et Le Possible et les Biotechnologies (PUF, 2003). 

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jeudi 17 mai 2018

Jean-Philippe Pierron : La poétique de l'eau. Pour une nouvelle écologie

François Bourin - Mai 2018


Canalisée, maîtrisée, distribuée, l'eau nous apparaît désormais ordinaire, à portée de robinet. Quant à ces temps où chaque source, chaque rivière étaient habitées par une nymphe, nous les avons oubliés. Nous ne vivons plus l'eau, nous l'utilisons. Un simple flux à gérer. Et pourtant, on parle de stress hydrique, de désertification galopante, d'épuisement des nappes phréatiques : nous savons aussi qu'elle commence à manquer, qu'elle est précieuse. Comment est-on parvenu à cette situation paradoxale ? Du philosophe grec Thalès de Milet qui, affirmant que " tout est eau ", faisait d'elle le principe de toute chose, au chimiste Lavoisier qui, au XVIIIe siècle, la désenchantera pour y découvrir un composé chimique, et au moment écologique contemporain, toute une histoire se déploie. C'est ce récit complexe, et les différentes conceptions qu'il porte, que le philosophe Jean-Philippe Pierron nous raconte ici. Alors que le soin écologique relève aujourd'hui d'une urgence, ce geste poétique vaut engagement. Car pour changer les pratiques, ne nous faut-il pas dépasser le simple utilitarisme et produire un nouvel imaginaire ? Et si cela commençait par rêver l'eau ?

Jean-Philippe Pierron est responsable du master " Ethique, écologie et développement durable ". Ses travaux portent sur une philosophie du soin, et sur le rôle de l'imagination dans l'action. Il en explore la fécondité poétique dans les champs du soin médical, des réalités familiales ou du travail et de l'écologie. Il a notamment publié Penser le développement durable (Ellipses, 2007), Vulnérabilité. Pour une philosophie du soin (PUF, 2010) et Où va la famille ? (Les Liens qui libèrent, 2014). Sur le thème de l'eau, il a dirigé Ecologie politique de l'eau. Rationalités, usages et imaginaires (Hermann, 2017).

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Jacques Guilhaumou : Cognition et ordre social chez Sieyès. Penser les possibles

Kimé - Mai 2018 - Philosophie en cours


La publication d’une partie des manuscrits inédits de Sieyès a permis de présenter, dans notre livre sur Sieyès et l’ordre de la langue sa biographie intellectuelle. Plus avant, le présent ouvrage s’intéresse à la dimension cognitive de la conception sieyèsienne du travail de l’esprit. Il adopte une démarche à la fois philologique, discursive et historique rendue possible par l’apport conjoint des sources manuscrites et des textes imprimés. Il commence par situer le contexte historique des années 1770-1780, qualifié de « moment nominaliste », et caractérisé par l’ampleur de la conflictualité sociale. C’est dans ce contexte que Sieyès invente le mot de sociologie. Une fois mise en place une connaissance « mentalisée » du nouvel ordre social, sous la forme de jugements du peuple, d’expressions de ses porte-parole et de traductions du législateur, cet ouvrage précise ce que peut et doit être l’ordre politique selon Sieyès, avec en son centre la figure du législateur. Dans cette perspective de recherche, il convient d’aller au-delà de l’analyse des conditions de production d’une pensée politique en considérant ses conditions d’existence et ses conditions de possibilité sous la forme d’une ontologie sociale des mœurs et du point de vue d’une individuation cognitive des relations sociales. Il en ressort une manière spécifique de penser les possibles et leur opérativité sociale au sein du tout politique.

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Françoise Coblence : Le dandysme

Klincksieck - Mai 2018


"Quelle est la consistance d'un personnage que la mode fait et défait ?" interroge d'emblée Françoise Coblence, au commencement de sa minutieuse enquête sur le dandysme. Le terme lui-même est déjà une énigme étymologique : anglais ou français d'origine, nul ne le sait avec certitude. Et l'incertitude demeure à propos du personnage inventé par le "beau Brummell" à la fin du XVIIIe siècle. Ce "monarque de la mode" tant célébré, à la fois adulé et craint à l'époque de sa superbe, mondain superficiel et prétentieux, littéralement inimitable, se réduit-il à cet "androgyne de l'histoire" décrit par Barbey d'Aurevilly ? Ou bien faut-il le hausser au rang de "héros des temps modernes" comme le veut, en connaisseur, Charles Baudelaire, tout prêt, au demeurant, à le qualifier aussi d' "Hercule sans emploi" ? Toutefois, cet élégant, insolent et impertinent, affecté dans son maintien et son esprit, fashionable fascinant et personnalité indéfinissable, est autre chose qu'un simple gandin ou un muscadin ridicule. Au fil des portraits esquissés avec minutie par Françoise Coblence, émergent, après Brummell, d'autres types caractéristiques, ainsi ceux du dandy mondain, littéraire, ou politique. Mais il n'est pas certain que de telles figures, en apparence plus consistantes, parviennent à effacer totalement l'image confuse et mouvante de ces personnages dont la principale qualité est justement de n'en avoir aucune. 

Françoise Coblence, philosophe et psychanalyste, est professeur émérite d'esthétique ä l'Université de Picardie et membre de la Société psychanalytique de Paris. Elle a publié notamment Les Attraits du visible- Freud et l'ésthétique (2004), ainsi que plusieurs articles sur le dandysme, l'esthétique, l'affect, les liens entre psyché et corps. En 2014, elle a dirigé l'ouvrage Lyotard et les arts (Klincksieck, Collection d'Esthétique) en collaboration avec Michel Enaudeau.

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La Pensée écologique 2018/1 (N° 2) : L’environnement et l’esthétique

PUF - Mai 2018


Gérald Hess
Éditorial : l’environnement et l’esthétique

Carole Talon-Hugon
Redistribution classique : le sublime comme réponse à l’aisthétisation du beau

Raffaele Milani
L’art du paysage

Hicham-Stéphane Afeissa
Pour une esthétique de la charogne

Emily Brady
Aesthetics, Humility, and Wonder: Other-Regarding Ways of Relating to Environment

Corine Pelluchon
Esthétique, phénoménologie de l’habitation de la Terre et considération

Gérald Hess
L’expérience esthétique à l’épreuve des valeurs de la nature : vers une esthétique environnementale intégrale

Hicham-Stéphane Afeissa
Le protectionnisme esthétique de Ned Hettinger

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mercredi 16 mai 2018

Jean-Yves Lacoste : Thèses sur le vrai

PUF - Mai 2018 - Collection Epimethée


Nous ne pouvons nous dispenser d’un concept linguistique du vrai. Nous ne pouvons pas davantage nous dispenser d’un concept phénoménologique du vrai. Et nous ne pouvons enfin nous dispenser de recourir à l’un et à l’autre, car le vrai se dit et le vrai se donne à l’intuition. Ces affirmations sont élémentaires.
Mais les prendre au sérieux, c’est-à-dire considérer l’expérience entière de la vérité, requiert d’élargir le concept de vérité, de telle manière que : — le vrai ne soit pas seulement affaire de savoir mais, plus largement, affaire de connaissance ; — le vrai puisse être dit dans une multiplicité de langages (philosophique, poétique, scientifique) ; — le vrai soit indissociable de la question de l’être-dans-le-monde ; — le vrai soit à la mesure du logos, dont on montre qu’il excède la ratio sous ses formes modernes.
Le vrai doit à nouveau être pensé. La pensée n’est rien de neuf. Mais son intervention dans les débats sur le vrai, au temps du nihilisme, est plus urgente que jamais.

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