vendredi 24 novembre 2017

Jean-Luc Chalumeau : Procès de l'art contemporain. Accusation & Défense

Uppr - Novembre 2017


Ancien responsable de la revue OPUS International, Jean-Luc Chalumeau dirige aujourd'hui la revue en ligne VERSO-HEBDO (sur www.visuelimage.com). Il a par ailleurs participé à de nombreuses instances telles que les FRAC (Fonds régionaux d'art contemporain) ou le Fonds National d'Art Contemporain, ce qui fait de lui un observateur privilégié de l'évolution de l'art dit « contemporain » sur lequel il a publié plusieurs livres traduits en huit langues. Volontiers polémiste, il dénonce certaines impostures, mais, admirateur de nombreux authentiques créateurs, il les défend avec conviction : ce procès, construit en deux temps (Accusation et Défense), est donc équilibré et donne au lecteur les éléments nécessaires pour se faire sa propre opinion. Un ouvrage majeur et indispensable pour toutes celles et ceux qui souhaitent affiner leur jugement et mieux comprendre les multiples problématiques qui se jouent dans l'art contemporain.

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Revue de philosophie économique 2017/1 (Vol. 18) : La question de l’autre en économie

Vrin - Novembre 2017


Page 3 à 11 : Ragip Ege, Herrade Igersheim - La question de l’autre en économie | Page 13 à 36 : Sergio Cremaschi - Adam Smith on Savages | Page 37 à 56 : Victor Bianchini - Inquiry into James Mill’s interpretation of Adam Smith’s love of praiseworthiness | Page 57 à 89 : Jérôme Lallement - Individu et société selon Walras | Page 91 à 115 : Patrick Mardellat - Devenir soi-même sous l’exigence de justice devant autrui. Levinas, la justice pour autrui et la critique des théories de la justice sociale | Page 117 à 139 : Sylvie Thoron - Au fondement de l’altruisme : le lien comme fin | Page 141 à 160 : Carl David Mildenberger - Economic Evil and the Other | Page 161 à 164 : Pierre Livet - Neuroéconomie, Daniel Serra | Page 165 à 172 : Jean Magnan de Bornier - Le Renversement de l’individualisme possessif - de Hobbes à l’État social, Pierre Crétois.

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Philippe Richard : Tomber de tout son corps. Philosophie de Bernanos

Hermann - Novembre 2017


Si la souffrance semble être l’existential majeur qui domine l’œuvre de Bernanos, c’est parce qu’elle permet la révélation d’une expérience fondamentale : l’homme habite le monde parce qu’il y tombe. Dans cette chaotisation de l’espace et du temps qu’est la chute se dit en effet la constitution même de l’être comme corps. Ainsi l’écrivain ne nous donne-t-il à voir l’écroulement que pour nous conduire aussi à le vivre comme dimension de l’être-là de ce que nous sommes – non pas en luttant contre lui, mais en nous laissant rouler en lui comme en une vague. Nul n’a son corps. Nul n’est son corps. C’est à se tenir à la frontière, ou à accepter de tomber sans trop immédiatement se relever, que la philosophie pourra donc sans doute repenser le sens de l’inhabitation du corps, voire de l’inhabitation de l’homme même par Dieu.

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jeudi 23 novembre 2017

Paul Henry Thiry baron d'Holbach : Essai sur l'art de ramper à l'usage des courtisans, suivi de Paradoxe du citoyen

Berg International éditeurs - Novembre 2017 - Collection : Dédales


Méprisé des philosophes et des dévots, le courtisan est rarement tenu en estime. Dans l'Essai sur l'art de ramper à l'usage des courtisans, Paul Henri Dietrich d'Holbach feint de défendre celui que l'on condamne a priori, celui dont on ne connaît ni la psychologie plurielle et fine, ni la portée des sacrifices. À ce mauvais procès, l'auteur oppose l'exposé d'un art méconnu qui mène à la parfaite maîtrise de soi, à la connaissance subtile des passions et des vices des puissants. Cet art qui nécessite une parfaite abnégation envers le prince qui incarne le corps politique, ne serait-il pas, au delà des apparences, le plus noble sacrifice pour le bien public ? Cet essai est suivi de Paradoxe sur le citoyen de Remy de Gourmont dont les réflexions dressent un constat quelque peu cynique : le citoyen fait preuve d'une totale abnégation sans raisons valables ; et c'est en cela qu'il est judicieux pour le lecteur de le comparer au courtisan. Le citoyen aurait comme qualités principales le dévouement, la résignation et la stupidité. C'est par une déconstruction des métaphores que sont la République comme mère et l'Etat comme père, que l'auteur va mettre au jour la supercherie du système dans lequel le citoyen, cet éternel débiteur, doit se sacrifier.

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Bertrand Vergely : Prier, une philosophie

Carnets Nord - Novembre 2017 - Collection : Une philosophie


« Prier, une philosophie ? Parlez-en à un philosophe. Il vous dira que quand on est philosophe, on ne prie pas. On philosophe. Parlez-en à un homme ou à une femme de prière. Ils vous diront que, quand on prie, on ne philosophe pas. On prie. En quoi ils ont raison et tort à la fois. »

Dans ce texte, Bertrand Vergely écrit au fil de sa pensée les réflexions que lui inspirent l’association de ces deux activités : philosopher, qui lui est quotidienne, et prier, une autre passion personnelle. Les deux lui sont donc essentielles, et elles ne sont pas incompatibles comme il va en faire la démonstration en parcourant le monde des philosophes (Socrate, Novalis, Ricoeur…) et celui de la prière, de toutes sortes de prières.

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Martin Heidegger : Le commencement de la philosophie occidentale. Interprétation d'Anaximandre et de Parménide

Gallimard - Novembre 2017 - Collection : Bibliothèque de philosophie


On sait l'importance de la réflexion sur les penseurs présocratiques dans la philosophie de Heidegger. Le cours traduit ici, datant de 1932, s'il n'est pas le premier à en faire mention, est le premier, en revanche, à les aborder sous l'angle du Commencement qui s'y joue. Cest ce motif du commencement qui oriente la lecture que Heidegger entreprend de la très courte et dense "parole d'Anaximandre" et des fragments qui nous sont parvenus du poème de Parménide d'Elée. Cette explication avec le commencement de la philosophie occidentale ne cessera plus, dès lors, d'accompagner le cheminement de la pensée de Heidegger. Elle constituera un second foyer de l'oeuvre heideggerienne, après Être et temps : la recherche d'un autre commencement.

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mardi 21 novembre 2017

Éric Mangin : La nuit de l’âme. L’intellect et ses actes chez Maître Eckhart

Vrin - Novembre 2017 - Études de philosophie médiévale


Fidèle à la tradition dominicaine, Maître Eckhart (1260-1328) accorde une grande importance à l’intellect aussi bien dans la connaissance de Dieu que pour la béatitude de l’homme. Cependant, il n’est pas possible d’envisager cette notion sans souligner l’existence d’une difficulté. Dans son élan pour atteindre la vérité, l’intellect fait l’expérience d’une certaine cécité, il ne parvient jamais parfaitement à ressaisir ce qui est là, caché dans le creux de son être. Loin d’être un obstacle, cette difficulté ne définit-elle pas la nature de notre pensée? Ce nouvel ouvrage se présente comme une enquête sur les actes de l’intellect à travers l’analyse des principaux verbes employés par le maître rhénan pour décrire ce qui se passe dans l’âme et l’épreuve qu’elle traverse. L’intellect ne doit-il pas consentir à ce qui se donne à lui sous le mode de l’inappropriable? Et la pensée devient alors une quête sans fin. « Dans la nuit, quand aucune créature ne brille ni ne jette un regard dans l’âme, dans le silence où rien ne parle à l’âme, la parole est prononcée dans l’intellect » (Sermon 70). L’expérience de la nuit est cette épreuve nécessaire qui permet à l’âme intellective de laisser résonner en elle une parole toujours inexprimée.

Éric Mangin, docteur en philosophie, docteur en théologie et sciences religieuses, est maître de conférences en philosophie antique et médiévale à l’Université catholique de Lyon.

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Odile Gilon et Christian Brouwer (éd.) : La liberté au Moyen Âge


Librairie Philosophique Vrin - Novembre 2017 - Annales de l'Institut de philosophie et de sciences morales


Peut-on parler de liberté au Moyen Âge?
Le sens de cette question ne peut se comprendre qu’à partir de l’institution de la liberté dans ses contextes historico-doctrinaux. Entre nature et volonté se dessine l’horizon médiéval de la liberté, dans un dialogue entre Augustin et Aristote, drainant avec lui l’idée emblématique d’impuissance de la volonté. L’émergence du concept de volonté chez Augustin est l’élément fondamental du réseau conceptuel qui conduira à l’idée d’auto-détermination chez Duns Scot : s’y rencontrent le liberum arbitrium, voluntas et potestas, akrasia et péché. Au cours d’une journée d’études tenue à l’Université libre de Bruxelles, des spécialistes de l’Antiquité et du Moyen Âge ont croisé leurs réflexions sur cette question. On en trouvera la teneur dans le présent volume.

Ont participé à ce volume : Isabelle Bochet, Olivier Boulnois, Christian Brouwer, Lambros Couloubaritsis, Sylvain Delcomminette, Odile Gilon, Bernd Goebel, Jean-Marc Goglin et Kristel Trego

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Gottfried Wilhelm Leibniz : Dialogues sur la morale et la religion

Vrin - Novembre 2017 - Bibliothèque des Textes Philosophiques – Poche


Ces dialogues sur la morale et la religion, dont Jean Baruzi n’avait édité qu’une partie sous le titre Trois dialogues mystiques inédits de Leibniz (1905), portent sur la piété ou amour de Dieu sur toutes choses. Cet amour consiste, selon Leibniz (1646-1716), dans la connaissance de la nature et de son divin auteur, ainsi que dans une action orientée vers le bonheur du genre humain. Écrits vers 1679, les dialogues sont un éloge de la raison et une exhortation à l’employer, dans le domaine théorique comme pratique, contre toutes les formes que peut prendre l’antiphilosophie (fidéisme, indifférentisme, scepticisme). La science doit être cultivée car elle est une célébration de Dieu autant qu’une oeuvre au service de l’homme. Leibniz la conçoit comme le fruit d’un travail collectif, inlassablement poursuivi, qui suppose une étroite collaboration entre les savants, leur respect commun de certains principes et l’appui des autorités politiques. Le lien essentiel entre progrès scientifique, félicité de l’homme et gloire de Dieu est particulièrement illustré par le Mémoire pour des personnes éclairées et de bonne intention(rédigé entre 1692 et 1695), publié en appendice.

Introduction, traduction et notes par Paul Rateau, maître de conférences à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

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lundi 20 novembre 2017

Hans-Jörg Rheinberger : Systèmes expérimentaux et choses épistémiques

Classiques Garnier - Octobre 2017 - Histoire et philosophie des sciences


Édition d'Arthur Lochmann

En quelques années, ce livre s'est imposé parmi les classiques de l'histoire des sciences. L'étude repose sur une description des dispositifs matériels que les scientifiques du xxe siècle appellent « systèmes expérimentaux ». À partir de ce concept, l’ouvrage établit une épistémologie de l'expérimentation moderne.


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Simone Weil : L’agonie d’une civilisation

Fata Morgana - Novembre 2017


Il ne peut y avoir d’ordre que là où le sentiment d’une autorité légitime permet d’obéir sans s’abaisser ; c’est peut-être là ce que les hommes d’oc nommaient Parage. S’ils avaient été vainqueurs, qui sait si le destin de l’Europe n’aurait pas été bien différent ? La noblesse aurait pu alors disparaître sans entraîner l’esprit chevaleresque dans son désastre, puisqu’en pays d’oc les artisans et les marchands y avaient part. Ainsi à notre époque encore nous souffrons tous et tous les jours des conséquences de cette défaite.
Rien qu’en regardant cette terre, et quand même on n’en connaîtrait pas le passé, on y voit la marque d’une blessure.
Au cœur de cette Agonie d’une civilisation vue à travers un poème épique, Simone Weil, se penche sur ces évènements qui contribuèrent à l’écrasement de la civilisation d’oc et en donne une lecture personnelle, mêlée de mysticisme et de réflexions philosophiques inédites qui portent en elles un caractère profondément politique et social que rien ne sépare de notre présent : «La terreur est une arme à un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent à conserver leur liberté et leur bonheur que sur ceux qui songent à détruire et à écraser ; l’imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c’est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d’imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent des hommes libres contre des agresseurs.»
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Gabriel Gauny : Le philosophe plébéien

La fabrique - Novembre 2017


Textes présentés par Jacques Rancière

Né à Paris en 1806, mort en 1889, Louis Gabriel Gauny était menuisier et philosophe. Ses écrits constituent un précieux témoignage de la condition ouvrière et des luttes pour l’émancipation à l’avènement du capitalisme industriel. Jacques Rancière, qui a dépouillé ses archives à Saint-Denis, restitue l’expérience au jour le jour de ce philosophe plébéien : « Il nous décrit, heure par heure, sa journée de travail. Et il n’y est pas question de la belle ouvrage des nostalgiques, pas non plus de la plus-value, mais de la réalité fondamentale du travail prolétaire : le temps volé. Et nous ressentons que nos mots – exploitation, conscience, révolte… – sont toujours à côté de l’expérience de cette vie “saccagée”. Il entreprend de se libérer : pour lui et pour les autres, car nos oppositions sont là aussi dérisoires : les “chaînes de l’esclavage” doivent être rompues par des individus déjà libérés. Il prend un travail de parqueteur à la tâche, où il se libère du maître tout en restant et en se sachant exploité : et il nous montre que nous, philosophes, n’avons rien compris aux rapports de l’illusion et du savoir, de la liberté et de la nécessité. […] À l’origine du discours de l’émancipation ouvrière, il y a le désir de ne plus être ouvrier : ne plus abîmer ses mains et son âme, mais aussi ne plus avoir à demander ouvrage ou salaire, à défendre des intérêts ; ne plus compter le jour, ne plus dormir la nuit… Celui-là a la force de vivre son rêve, sa contradiction : être ouvrier sans l’être. »

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