mercredi 29 mars 2017

Cédric Paternotte : Agir ensemble, fondements de la coopération

Librairie Philosophique Vrin - Mars 2017 - Collection : Philosophie concrète


Marcher ensemble, porter une table à plusieurs, participer à une manifestation, et même discuter, sont autant d’exemples de coopération humaine – d’action conjointe. Par opposition, les mouvements d’une foule dans la rue, la course simultanée d’individus vers un abri lorsque l’orage se déclare ne sont que des actions collectives. Mais comment distinguer les unes des autres? Quand pouvons-nous dire que des personnes ont vraiment agi ensemble? Et comment expliquer qu’ils coopèrent même lorsque le risque d’échec est considérable? Cet ouvrage se propose de répondre à ces questions, en se penchant sur toutes les dimensions de la coopération : les buts collectifs, la connaissance commune, ainsi que les facteurs psychologiques, cognitifs et stratégiques qui la favorisent. À partir de notions telles que l’identification de groupe, on défendra en particulier la thèse que certains types d’actions de masse, comme les manifestations, peuvent constituer des exemples légitimes de coopération.

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mardi 28 mars 2017

Pierre Sauvêtre : Foucault pas à pas

Ellipses Marketing - Mars 2017 - Collection : Pas à pas


Michel Foucault est encensé pour avoir amené la philosophie hors de ses sentiers battus, dans les mondes interlopes de la folie, du crime et de la sexualité ; il est célébré pour avoir abordé la diversité des concepts du savoir, du pouvoir et du sujet sans avoir cherché à construire un système philosophique ; il est magnifié pour avoir fourni une " boîte à outils " dont on pourrait se servir à l'envi pour dynamiter toutes les évidences.
Mais derrière cette apparence de curiosité disparate se cache une constance philosophique qui vise à donner une image foncièrement nouvelle de ce que c'est que connaître en Occident : à quelles contraintes historiques la formation de nos savoirs a-t-elle été liée ? De quels formidables asservissements au pouvoir l'accumulation de savoir se paye-t-elle ? De quelles possibilités de transfiguration de notre être même de sujet le savoir peut-il s'accompagner ?
C'est cette perspective d'un matérialisme du savoir qu'aborde ce livre d'introduction qui propose une lecture approfondie des principaux ouvrages de Foucault : L'Histoire de la folie, Les Mots et les Choses, Surveiller et Punir et les trois volumes de l'Histoire de la sexualité. L'enquête philosophique sur la matérialité du savoir se découvre dans l'unité du concept d'expérience à travers trois axes : les conditions de formation de l'expérience, son processus de constitution et les transformations qui lui sont inhérentes.
En nous faisant prendre part à cette expérience, Foucault invente l'attitude expérimentale en philosophie qui nous convie à une tâche insoupçonnée : nous mettre à distance de ce que nous sommes pour devenir un autre nous-mêmes.

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dimanche 26 mars 2017

Arnaud François : Eléments pour une philosophie de la santé

BELLES LETTRES - Mars 2017 - Médecine & Sciences humaines


Y a-t-il une expérience de la santé ? La santé n'est-elle que l'absence de maladies ? Être en bonne santé, est-ce la même chose qu'être « normal » ? Dois-je attendre de voir ce que l'avenir me réserve pour juger de l'état de ma santé ? La différence entre santé et maladie est-elle une différence comme les autres ? Voilà certaines des questions que pose le présent ouvrage, grâce à une méthode qui croise la philosophie avec d'autres types de savoirs : la médecine, la biologie, mais aussi la littérature et les sciences humaines. Cette étude conduit à confronter l'approche issue de Canguilhem avec d'autres conceptions philosophiques moins connues en France : celles de Boorse, Engelhardt et Nordenfelt. Il en ressort que les notions de santé et de maladie sont d'un maniement extrêmement délicat du fait de leur imprécision, sans doute irréductible, et du poids idéologique qui est le leur. Elles n'en sont pas moins centrales dans notre expérience et dans les enjeux politiques d aujourd hui.

Arnaud François est maître de conférences à l'Université ToulouseJean Jaurès. Il est notamment l'auteur de Bergson, Schopenhauer, Nietzsche. Volonté et réalité (PUF, 2008), et de l'édition critique de L'évolution créatrice de Bergson (PUF, 2007). Ses recherches portent sur la notion de vie, tant au prisme de l'histoire de la philosophie (vie et volonté : Schopenhauer, Nietzsche, Bergson), qu'à celui de la médecine et de la biologie (vie et santé, objet du présent ouvrage) et à celui de la littérature et de la politique (vie et travail : la philosophie d'Émile Zola, recherche en cours).

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Sophie Wahnich : La Révolution française n'est pas un mythe

Klincksieck - Mars 2017 - Critique de la politique


Comment en est-on venu à considérer en France qu'il était possible de consolider la liberté politique et publique, non seulement en se passant de la référence à la Révolution française, mais en récusant violemment toute référence positive à ce moment historique ? Vouée aux gémonies comme supposée "matrice des totalitarismes" par certains, comme objet ethnocentrique par les post-colonial studies, laissant indifférents ceux qui la considèrent comme désactivée, le crédit de la Révolution française est bien entamé. Or, l'appréciation politique et intellectuelle de la Révolution française doit moins, depuis 1945, aux historiens qu'aux philosophes, moins à l'évolution de l'historiographie comme telle qu'à la manière dont des penseurs de première importance se sont mêlés de penser la Révolution française. Les querelles philosophiques des années 1960, sur les fonctions respectives de l'histoire, de l'anthropologie, des sciences dites humaines, et de la philosophie ont installé la Révolution française au coeur des débats. Le plus fameux d'entre eux a opposé Jean-Paul Sartre et Claude Lévi-Strauss, et, dans son sillage, Michel Foucault a promu contre Sartre, une certaine conception scientifique du savoir sur l'homme où la Révolution française n'a plus eu aucun intérêt. Mais personne n'en est resté là. Avec la question d'une Révolution française à la fois enthousiasmante et cruelle se joue et se rejoue la question d'une éthique de l'histoire de la Révolution française. Ces explorations successives permettent de s'éloigner d'un mythe identitaire et de retrouver une révolution bien réelle, capable de nous donner ses Lumières, pourvu qu'on accepte de continuer à en faire l'histoire pour notre aujourd'hui.

Sophie Wahnich, agrégée et docteure HDR en histoire, est directrice de recherche au CNRS. Spécialiste de la Révolution française, elle lui a consacré de nombreux ouvrages tels que La Longue Patience du peuple, 1792, naissance de la République (2008) et La Révolution française, un événement de la raison sensible (2012). Elle est membre du comité de rédaction des revues L'Homme et la société, Lignes et Vacarme.

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Etienne Helmer : Diogène le cynique

BELLES LETTRES - Mars 2017 -  Figures du savoir


Né à Sinope au IVe siècle av. J.-C. et mort à Corinthe après un long séjour à Athènes, Diogène est un personnage exubérant et scandaleux dont les provocations sont restées célèbres : il fait l amour et se masturbe en public, éconduit Alexandre le Grand comme un importun et insulte ses contemporains. Figure de la transgression, il n est pourtant pas un apôtre de l ensauvagement : ce n est pas la civilisation que Diogène conteste, mais les servitudes encombrant notre vie matérielle et les conventions nous inféodant aux puissants. Mode de vie et pensée tout ensemble, le cynisme de Diogène est une manière neuve de philosopher qui, loin des constructions théoriques complexes, reste au plus près des réalités quotidiennes. 

En proposant l idéal d une vie simple soustraite aux illusions du désir, cette philosophie offre aux individus et aux sociétés un contre-pouvoir libérateur. Sa critique des valeurs sociales et sa puissance de dérangement n ont pas échappé à Nietzsche ni à Foucault. Elles gardent toute leur actualité pour qui s interroge sur les bienfaits et les méfaits de la croissance économique, sur les exclusions déchirant le monde humain.

Étienne Helmer enseigne la philosophie à l Université de Porto Rico (États-Unis). Ses travaux portent principalement sur la pensée économique, politique et sociale des mondes grecs. Il est l auteur de La Part du bronze. Platon et l économie (Vrin, 2010), Épicure ou l économie du bonheur (Le Passager clandestin, 2013), Le Dernier des Hommes. Figures du mendiant en Grèce ancienne (Le Félin, 2015). Il a dirigé le volume collectif Richesse et pauvreté chez les philosophes de l Antiquité (Vrin, 2016).

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samedi 25 mars 2017

Gilbert Harman : Changer d'idées. Les principes du raisonnement

Editions d'Ithaque - Mars 2017


Dans un style direct et très abordable, Gilbert Harman nous propose ici une analyse originale de la façon dont nous raisonnons. A l'encontre de la tradition aristotélicienne, il soutient que les principes du raisonnement ne sont pas ceux de la logique. Selon lui, en effet, nous ne pensons pas en construisant des preuves formelles, ni en produisant des arguments ou en faisant des implications logiques, mais bel et bien avec nos moyens limités d'êtres humains. Raisonner, c'est avant tout corriger les conceptions que l'on entretenait antérieurement. Changer d'idées développe les conséquences de cette thèse : si la théorie du raisonnement est psychologique plutôt que logique, il revient au philosophe d'étudier la façon dont nous sommes conduits à réviser de manière raisonnée nos croyances, ainsi que les intentions qui nous poussent à agir. La dynamique d'une telle révision est guidée par des principes de cohérence et d'économie, non par des règles déductives. L'auteur mène son étude sans dogmatisme, en ouvrant des problèmes plutôt qu'en les réglant catégoriquement. Une telle approche, qui éclaire les processus de raisonnement, touchera le lecteur intéressé par la façon dont nous pensons et réfléchissons.

Gilbert Harman est professeur de philosophie à l'université de Princeton, aux Etats-Unis. Outre ses études sur le raisonnement, il a fait paraître de nombreux ouvrages sur l'éthique et la philosophie de l'esprit, ainsi que le recueil A Companion to W.V.O.Quine, publié sous sa direction en 2014.

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Boris Klein : Les chaires et l'esprit. Organisation et transmission des savoirs au sein d'une université germanique au XVIIe siècle

PUL - Mars 2017



A partir du cas de la défunte université de Helmstedt, l'enquête se propose d'étudier l'organisation de l'enseignement supérieur, dans ses contenus et ses méthodes, au sein de l'espace germanique luthérien entre la guerre de Trente ans et l'aube des Lumières entre la double coupure de la confessionnalisation et de la territorialisation, et la fondation des universités de Halle et de Göttingen. Grâce aux nombreuses archives conservées, on peut observer l'évolution des chaires au sein des facultés, et la confronter tant aux attentes officielles qu'aux stratégies individuelles des différents professeurs. Mais au-delà, il s'agit aussi de proposer un essai d'histoire sociale des pratiques intellectuelles et de la construction des savoirs, afin de préciser les évolutions qui ont abouti, à terme, à la naissance dans l'espace germanique d'un nouveau modèle universitaire au XVIIIe siècle, et plus encore à l'émergence de l'institution humboltienne au siècle suivant. Avec une préface de Sophie Roux, professeure d'histoire et de philosophie des sciences à l'ENS Paris.

Boris Klein est agrégé et docteur en histoire. Ses recherches portent sur les savoirs à l'époque moderne dans l'espace germanique, ainsi que sur l'histoire du luthéranisme. Il est l'auteur de plusieurs articles et d'un ouvrage, paru aux éditions Classiques Garnier : D'un usage curieux en médecine, réflexions sur " De l'Utilité de la flagellation" de J-H Meibom (2016).

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Philippe Grosos : Signe et forme. Philosophie de l'art et art paléolithique

Cerf - Mars 2017


La reconnaissance d'un art pariétal du paléolithique supérieur n'est intervenue qu'au tout début du XXe siècle. Depuis, tout en prenant cet art au sérieux, les préhistoriens n'ont cessé de voir dans ces formes peintes et gravées l'expression d'un univers symbolique. En cela, ils n'ont pas seulement remarqué que les hommes du paléolithique associaient des formes et des signes ; ils ont interprété ces formes comme des signes. Mais une telle démarche n'aboutit-elle pas à faire disparaître ces oeuvres en tant qu'oeuvres d'art ? Car peut-il exister un art qui ne soit art des formes ? Prenant appui sur l'analyse des peintures de Lascaux (Dordogne) comme sur celle des pierres gravées de La Marche (Vienne), il s'agit de faire valoir l'enjeu expressif des formes afin de proposer un tout autre modèle d'interprétation et de jeter les bases d'une philosophie de l'art paléolithique.

Philippe Grosos est professeur de philosophie à l'université de Poitiers.

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vendredi 24 mars 2017

Collectif : Accueillir l’autre. L’hospitalité charnelle

Editions des Femmes - Mars 2017 - Collection : Penser avec Antoinette Fouque


Taslima Nasreen, Élise Boghossian, Inna Shevchenko, François Guery, Mireille Calle-Gruber, Collectif Psychanalyse et Politique

« Je dis depuis longtemps que la gestation est le paradigme de l’éthique parce qu’elle est accueil, dans le corps d’une femme, d’un corps étranger. C’est l’hospitalité charnelle. C’est dire oui à l’autre qui vient. » A.F.

Les femmes ne seraient-elles pas toutes des exilées dans un monde où elles représentent la figure de l’Autre, rejetée, exclue, rendue invisible ? Et pourtant cette Autre est celle du premier accueil, de « l’hospitalité charnelle », selon un concept d’Antoinette Fouque. Ce livre est le fruit d’une table-ronde organisée par les éditions des femmes lors de l’édition 2016 des Rendez-vous de l’Histoire de Blois qui ont eu pour thème, « Partir ».

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Alexis Cukier (dir.) : Travail vivant et théorie critique. Affects, pouvoir et critique du travail

PUF - Mars 2017 - Souffrance et théorie


Souffrance au travail et nouvelles aliénations, capitalisme émotionnel, production biopolitique… Dans les domaines de la philosophie, de la sociologie et de la psychologie, de nouvelles recherches montrent que l'examen minutieux de l'expérience subjective du travail, des dynamiques affectives et des rapports de pouvoir qui s'y jouent peut remettre l'analyse du travail au cœur de la théorie critique de la société aujourd'hui. Cet ouvrage collectif réunit les contributions de philosophes, sociologues et cliniciens qui analysent les principes méthodologiques, les notions fondamentales et les implications éthiques et politiques du paradigme du « travail vivant », tel qu'il fut thématisé par Marx pour concevoir l'aliénation dans les sociétés capitalistes, aujourd'hui réactualisé dans la psychodynamique du travail.

Alexis Cukier est post-doctorant en philosophie dans l'ANR « Approches philosophiques de la centralité du travail ». Il a codirigé, notamment, Émancipation, les métamorphoses de la critique sociale (Le Croquant, 2013) et La Réification. Histoire et actualité d'un concept critique (La Dispute, 2014).

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Jacques Derrida : Théorie et pratique. Cours de l'ENS-Ulm 1975-1976

Galilée - Mars 2017 - La philosophie en effet


Jacques Derrida a tenu ce cours sur le rapport entre théorie et pratique à l’École Normale Supérieure où il enseignait dans les années 1970. S’agissant d’un cours d’agrégation, le sujet lui était imposé. 

L’intérêt philosophique et historique des neuf séances de ce cours réside dans la discussion serrée que fait Jacques Derrida de Marx, et notamment de la fameuse onzième Thèse sur Feuerbach, ainsi que dans l’analyse des écrits d’Althusser qu’il propose. Ce cours démontrera, s’il en était besoin, que Derrida n’a pas attendu le début des années 1990, quand il publia Spectres de Marx, pour traiter de Marx de façon systématique et approfondie. 

« Faut le faire » : Derrida se sert de cette phrase idiomatique comme fil conducteur de son séminaire. Il exploite toutes les ressources qu’elle lui offre pour parler du rapport entre théorie et pratique. Ainsi, il distingue entre deux « accentuations » différentes de l’idiome : d’une part, « faut le faire » signale la nécessité de la pratique, le passage du contempler et du dire à l’agir et au faire. Mais d’autre part, « faut le faire » peut aussi renvoyer à une détermination pratico-révolutionnaire plutôt qu’à une détermination théorique de la praxis, comme si, afin d’être révolutionnaire, la praxis devait déjouer l’opposition entre théorie et pratique, et se déterminer déjà à partir d’elle-même.

Édition établie par Alexander Garcia-Düttmann

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jeudi 23 mars 2017

Peggy Alvez : L'envers de la liberté

Publications de la Sorbonne - Mars 2017 - Philosophie


Les désaccords philosophiques dont l'idée de liberté fait constamment l’objet ne font-ils pas signe, au-delà des querelles métaphysiques, vers la dynamique réelle de la liberté – et indissociablement de son idée – dans ses productions socio-historiques et, par conséquent, jusque dans ses négations ? Cet essai propose un travail généalogique autour du mot « liberté » : les significations successivement attribuées à ce concept sont essentiellement reliées à des expériences d’aliénation, dont elles constituent des projections en positif, idéalisées. Articulant histoire de la philosophie et philosophie sociale, Peggy Avez explore plusieurs configurations – la peur de l’exil dans l’Antiquité, la conception chrétienne de l’homme endetté, la crainte asservissante d’autrui pour les modernes et la peur contemporaine de l’objectivation unilatérale – chacune forgeant des significations de la liberté comme autochtonie, rédemption, sécurité et réinsertion du sens. De la « dialectique négative » de l’idée de liberté – ce dont les idéaux de liberté veulent émanciper l’homme constitue ce qui le conduit à s’aliéner – à la dialectique de la praxis – dans laquelle l’idée de liberté devient mythe et mobilise des mécanismes psychologiques à la faveur desquels l’aspiration à l’émancipation se mue en désir d’adaptation et d’obéissance –, l’auteure suit comme fil directeur l’histoire de la philosophie, qui fournit des éléments fondamentaux non seulement pour réveiller les sens du terme « liberté », confusément sédimentés dans notre usage discursif, mais aussi pour comprendre le rôle essentiel de l’idée de liberté dans l’imaginaire social.

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