mardi 16 janvier 2018

Federico Ferrari et Jean-Luc Nancy : La fin des fins

Kimé - Janvier 2018


Deux philosophes, Jean-Luc Nancy et Federico Ferrari abordent la question de la fin dans un texte en trois actes où la pensée interroge son continuel sentiment d'achèvement. D'une part nous sommes depuis longtemps dans un climat de "fin de... l'art, la philosophie, la politique, le monde..." D'autre part, ce motif qui a tant marqué une génération - en très gros 1970-1990 - se trouve lui-même mis en cause par une génération plus jeune qui lui demande : en avez-vous fini avec vos fins ? "Peut-être n'y a-t-il aucun commencement ni aucune fin, et toujours un entre-deux, toujours un passage, un milieu qui n'est pas un lieu mais un élément où ça flotte entre un début et une fin qui n'ont jamais lieu. Le commencement et la fin sont au milieu de tout, invisibles, rapides comme un double éclair obscur. Ni commencement ni fin n'existent. Ce sont chaque fois des artefacts, des projections d'un besoin de fixer des bornes, de tenir des points fixes. En réalité tout a toujours déjà commencé et tout continue toujours à finir."

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Daniel Bensaïd : Fragments mécréants. Mythes identitaires et république imaginaire

Nouvelles Editions Lignes - Janvier 2018


La nécessité de ce livre est plus grande encore que lors de sa première édition, en 2005. D'autant plus grande que la "croyance" s'accroît partout et qu'elle a pris depuis un tour de plus en plus violent. Ces Fragments mécréants dessinent des lignes de résistance qui ne cèdent pas à la niaiserie du retour au giron de l'Eglise, de la mosquée ou de la yeshiva. Ce travail de déniaisement suppose une relance et un approfondissement de la mécréance, un corps à corps profane avec nos fétiches cachés, une critique implacable de la tentation de croire. Homme de doute opposé à l'homme de foi, le mécréant parie sur les incertitudes du siècle, sans les rassurantes rigueurs de la règle. Il met une énergie absolue au service des certitudes relatives. C'est aussi son dilemme. Résister, lutter, ne pas céder à la lassitude ou à la résignation. Brosser l'histoire à rebrousse-poil, inlassablement.

Daniel Bensaïd, théoricien et praticien majeurs de la politique révolutionnaire (un temps dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire et de la IVe Internationale), philosophe aussi, est l'auteur d'une trentaine de livres, dont plusieurs aux éditions Lignes. Le plus récent : Octobre 17. Un retour critique sur la révolution russe (2017).

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Le Télémaque 2017/2 (N° 52) : Lumières juives et éducation

PU de Caen - Décembre 2017


Page 7 à 8 : Brigitte Frelat-Kahn - Ouverture | Page 9 à 14 : François Jacquet-Francillon - Questions à l’anti-humanisme de Claude Lévi-Strauss | Page 15 à 26 : Éric Dubreucq - Socialisation | Page 27 à 32 : Sophie Nordmann - Présentation | Page 33 à 42 : David Lemler - « Lumières juives médiévales » : (s’)éduquer à l’épreuve du texte | Page 43 à 54 : Valérie Assan - Judaïsme et entrée dans la modernité : le projet de l’Alliance israélite universelle | Page 55 à 66 : Gilles Hanus - La « libre maison d’étude juive » (freies jüdisches Lehrhaus) de Franz Rosenzweig | Page 67 à 78 : Sophie Nordmann - De la Haskala à l’école juive de Paris : les Lumières juives à l’épreuve de l’émancipation | Page 79 à 96 : Suzanne Aurbach - Au-delà du sens : Perec, le Talmud et les ateliers d’écriture | Page 97 à 108 : Jean-Michel Salanskis - L’éducation, lieu universel du “particularisme” juif | Page 109 à 118 : Filipe Ceppas - Anthropophagie pour une éducation émancipatrice | Page 119 à 128 : Joie Orsenigo - Riccardo Massa, philosophe et pédagogue italien. Réflexions pédagogiques d’une élève | Page 129 à 139 : Didier Moreau, Bérengère Kolly, Philippe Foray - Comptes rendus.

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lundi 15 janvier 2018

Gil Delannoi : La nation contre le nationalisme

PUF - Janvier 2018


À l’heure de la mondialisation dite heureuse, depuis la fin de l’empire soviétique, la réunification allemande, la montée en puissance de la Chine et à travers tant d’autres exemples récents, la résistance des nations est un fait indiscutable. Il n’en reste pas moins de bon ton de mépriser la nation, échelle politique d’un autre âge, porteuse de toutes les tares du nationalisme et de l’impérialisme. Or, la nation ne peut se réduire au nationalisme. Forme politique issue des révolutions égalitaires et libérales modernes, elle reste à ce jour l’espace indispensable à toute expérience démocratique. La nation est même le meilleur rempart à opposer aux nationalismes qui persistent et se recomposent dans un monde plus international que global, plus mercantile que libéral. L’histoire des nations et la redéfinition des nationalismes proposées dans ce livre par Gil Delannoi montrent que la nation démocratique n’est pas près de disparaître.

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Roland Techou : Le phénomène humain

Spinelle - Novembre 2017


Dans la décision des Modernes à penser la quiddité humaine, l'ontologie fondamentale réfute toute anthropologisation de l'être humain. Celui-ci doit souscrire au questionnement du Dasein-fini dont l'herméneutique contemporaine de l'ipséité en cours dans la phénoménologie française assume l'élaboration. Entre la "finitude originaire" (Kant) radicalisée en "finitude ontologique" (Heidegger) se tient la compréhension de l'être humain comme "certitude négative" (Jean-Luc Marion). L'une et l'autre approches maintiennent un étant inobjectivable dont l'anthropologie phénoménologique du "Corps épandu" (Emmanuel Falque) cherche à assumer le sens au-delà du Cogito et dans le strict respect de l'être-là.

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Fritz Heider : Chose et medium

Vrin - Septembre 2017 - Matière étrangère


« Ce qui nous entoure, nous l’appréhendons toujours d’une manière ou d’une autre. Nous n’appréhendons pas que des choses qui entrent dans un contact immédiat avec notre épiderme, mais bien souvent, nous appréhendons une chose à travers une autre. Par exemple, c’est à travers l’éther que nous percevons des étoiles distantes, c’est par l’air que nous entendons le son d’une cloche, c’est grâce au baromètre que nous sommes informés de la pression atmosphérique, par le biais d’un mouvement expressif, nous appréhendons une psychologie, à travers les yeux de quelqu’un, on jette un regard “dans les tréfonds de son âme”, à la vue de la graphie de quelqu’un, nous saisissons sa pensée et ainsi de suite. »
Publié en 1926, Chose et médium a été redécouvert comme l’un des textes fondateurs de la philosophie des médias et des techniques.

Introduction, traduction et notes par Emmanuel Alloa.

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dimanche 14 janvier 2018

Alessandro d'Avenia : L'art d'être fragile. Comment un poète peut sauver ta vie

PUF - Janvier 2018


« Nous vivons dans une époque où l’on n’a le droit de vivre que si l’on est parfait. Toute insuffisance, toute faiblesse, toute fragilité semblent bannies. Mais il est une autre façon de se sauver : c’est de construire, comme toi, une autre terre, une terre féconde, la terre de ceux qui savent qu’ils sont fragiles. »
Existe-t-il une méthode pour connaître un bonheur durable ? Peut-on apprendre le pénible métier de vivre jour après jour jusqu’à en faire un art de la joie quotidienne ?
Ce sont là des questions banales, qui occupent l’esprit de chacun sans que jamais ne s’impose de réponse définitive. Pourtant, la solution peut nous rattraper, inopinément, grâce à un événement, grâce à une personne. Dans ces pages, Alessandro D’Avenia raconte l’art d’être heureux et sa rencontre décisive avec un poète, Giacomo Leopardi, qui le lui a révélé.
Leopardi a trouvé dans la poésie sa raison de vivre. Et nous ? Quelle est la passion qui peut nous permettre de nous sentir vivants à toutes les phases de notre existence ? Quelle beauté voulons-nous voir à l’œuvre dans le monde pour pouvoir dire à la fin : rien n’a été gaspillé ?
Dans un dialogue intime et bouleversant avec le plus grand poète moderne d’Italie, Alessandro D’Avenia entremêle magnifiquement son expérience d’enseignant, sa passion de lecteur et sa sensibilité d’écrivain, pour nous accompagner dans un surprenant voyage existentiel. Après les inquiétudes de l’adolescence – âge de l’espérance et de l’intensité, dans les sommets de l’enthousiasme et les abîmes de la tristesse –, viennent les épreuves de la maturité, où les aspirations se heurtent au réel, qui laissent place à la conquête de la fidélité à nous-mêmes : accepter nos faiblesses et nos fragilités, apprendre l’art de la réparation de la vie et découvrir ce que nous sommes, peut-être est-ce là que se cache le secret du bonheur.

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Vladimir Jankélévitch : L'enchantement musical (Inédits)

Albin Michel - Novembre 2017



L'oeuvre de Vladimir Jankélévitch mêle intimement philosophie et musique, régime de correspondance auquel le philosophe-musicien a toujours aimé se tenir. " La musique, rappelle-t-il, est un art temporel non point secondairement, comme la poésie, le roman ou le théâtre, mais essentiellement. " Son domaine est la " temporalité enchantée ", le mystère de l'instant, le charme de la nostalgie, du nocturne et des parfums de la nuit, du lointain, du silence surtout, puisque la musique, née du silence, y retourne.
Ce livre réunit des textes peu connus, inédits ou depuis longtemps inaccessibles. Comptes rendus de concerts et de festivals, évocations poétiques des musiciens chers à son coeur : les musiciens français, particulièrement Debussy, Ravel, Fauré ; les musiciens de l'Europe centrale, Chopin et Liszt, le rhapsode et baladin du monde européen, image même de notre modernité ; les génies de la musique russe, notamment Moussorgski et Rimski-Korsakov.
Pour Vladimir Jankélévitch " on ne pense pas la musique ", mais on peut penser en musique, ou musicalement. Le lecteur retrouvera dans ces textes le bonheur de la mystérieuse connivence d'une pensée sur la musique qui donne à entendre musicalement.

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Robert Coffy : Science, athéisme. La foi en débat

Chronique Sociale - Janvier 2018 - Collection : Savoir penser


L'athéisme, loin d'être mort, est plutôt est train de resurgir. Il se présente même comme une parade aux fondamentalismes religieux. Mais n'est-ce pas une illusion ? Pour le montrer, il faut remonter en ses sources. L'auteur en établit, avec clarté et compétence, ses fondements contemporains : les pensées de Sartre et de Camus font ici l'objet d'une analyse poussée. En fait, elles sont une réaction contre une vision purement scientifique et technique du monde.
N'est-ce pas aussi une image caricaturale de Dieu qu'elles repoussent ? Une philosophie de la religion, en prise avec les enjeux de la modernité s'avère de ce fait utile. Elle seule est en mesure de proposer à tous, croyants comme incroyants, un sérieux examen de conscience sur le sujet.
Pour y parvenir, il est utile de reprendre l'approche du jésuite Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955). Ce scientifique de renommée mondiale, l'un des théoriciens de l'évolution les plus remarquables de son époque, révèle les dimensions véritables du mouvement actuel de socialisation. N'y a-t-il pas urgence à revenir à cette pensée qui veut « sauver la société sans transformer les personnes en robots, sauver les personnes sans sacrifier celles d'aujourd'hui et de demain » ?

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samedi 13 janvier 2018

Jean-François Hamel : Nous sommes tous la pègre. Les années 1968 de Blanchot

Les Editions de Minuit - Janvier 2018 - Collection : Paradoxe


Le 18 mai 1968, sous les drapeaux rouges et noirs de la Sorbonne occupée, se constitue le Comité d'action étudiants-écrivains. Pendant des mois, ses militants se réunissent pour produire des tracts, des affiches et des bulletins et les distribuer au carrefour des rues, sur les marchés, aux portes des usines, à l’exemple des centaines de comités apparus dans la région parisienne. Délaissant la littérature, ils défendent l’espace public oppositionnel créé par le soulèvement, où ils reconnaissent l’émergence d’une parole d’outrage et la préfiguration d’un communisme libertaire.
Aux côtés de Marguerite Duras, Daniel Guérin, Jean-Jacques Lebel, Dionys Mascolo et d’une vingtaine d’autres écrivains et intellectuels, Maurice Blanchot s’engage corps et âme dans ce comité. Se mêlant aux foules insurgées, il prend le parti de la « pègre », des « émeutiers » et des « enragés », de tous ceux qui s’éprouvent ingouvernables. Ces semaines insurrectionnelles qui viennent clore pour lui une décennie d’engagements antiautoritaires lui donnent le sentiment d’être à la fin de l’histoire, toute communauté dissoute, tout pouvoir destitué : « la révolution est derrière nous ».

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Michel Kail : Jean-Paul Sartre, conscience et subjectivité

Editions Demopolis - Janvier 2018 - Collection : Philosophie en cours


Mettant à l’écart la notion de sujet telle qu’elle avait été construite à la suite de Descartes, Sartre donne à la conscience son antériorité sur la connaissance du sujet par lui-même. Par là, le sujet connu perd sa prééminence et la conscience se découvre radicalement libre et responsable. S’appuyant sur des mises en perspective historiques, étudiant les échos et les tensions entre l’œuvre de Sartre et celles de Rousseau, Hume, Bergson, Husserl, Heidegger et Lukács, l’auteur met ici en évidence à la fois l’originalité de la pensée sartrienne et son caractère incontournable.

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Rue Descartes 2017/2 (N°92) : Révoltes urbaines. Politique et poésie

Collège international de Philosophie - Janvier 2018


Page 1 à 5 : Fernando Santoro, Rodrigo Guéron - Depuis les révoltes urbaines | Page 6 à 13 : Safaa Fathy - De mur en mur | Page 14 à 32 : Maurizio Lazzarato, Tatiana Roque - Ruptures subjectives et investissements politiques : juin 2013 au Brésil et questions de continuité | Page 33 à 47 : Giuseppe Cocco, Raúl Sánchez Cedillo - Cantes de ida y vuelta : entre le printemps et l’automne. Entre le 15 mai espagnol et le juin 2013 brésilien, quelques réflexions | Page 48 à 75 : Rodrigo Guéron - Il n’y a plus de nationalisme de gauche. National-développementisme et virage conservateur au Brésil après juin 2013 | Page 76 à 101 : Rodrigo Nunes - Anonyme, avant-garde, imperceptible : Trois variations autour du devenir en politique | Page 102 à 119 : Constantin Sigov - Entretien avec Giuseppe Cocco | Page 120 à 123 : - Atlas #ProtestorBR : Politique, Image et Réminiscence. MediaLab.UFRJ – Dir. Fernanda Bruno | Page 124 à 125 : Jean-Luc Nancy - Eau perlée | Page 126 à 130 : Safaa Fathy - Une eau perle sur Tahrir | Page 131 à 132 : Fernando Santoro - Phalange Poésie.

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