samedi 27 mai 2017

Vacarme 2017/2 - N° 79 : Liberté, dignité, justice

Vacarme - Avril 2017



Vanessa Van Renterghem - Avant-propos | Page 22 à 31 : Gabrielle Latour - Vivre en guerre | Page 32 à 38 : Wajdan Nassif, Adèle Ponticelli, Vanessa Van Renterghem - « Mais alors, j’ai une voix !| » | Page 40 à 46 : Majd Al-Dik, Anaïs Vaugelade, Vanessa Van Renterghem - « Mon histoire est celle d’une société » | Page 48 à 55 : Tarek Matarmawi, Charlotte Loris-Rodionoff - Démocratie rebelle | Page 58 à 63 : Maya Florino - Récits de Raqqa, la nuit | Page 64 à 68 : Mohammad Wadeh, Charlotte Loris-Rodionoff, Vanessa Van Renterghem - Vivre dans Yarmouk assiégé | Page 69 à 75 : Nathalie Bontemps - Jeudi soir et vendredi matin | Page 78 à 91 : Tiphaine Samoyault, Zoé Carle, Philippe Mangeot, Sophie Rabau - Écrire en compagnie | Page 92 à 97 : Aïcha Liviana Messina - Le prince / 2 | Page 97 à 98 : Lucie Taïeb - Politique et poésie des déchets | Page 99 à 103 : Max Liboiron, Laure Vermeersch - Recycler : une crise du sens | Page 104 à 107 : Jennifer Scappetone - Une Arcadie des ordures | Page 108 à 115 : Arthémis Johnson - Comment perdre une lutte ? | Page 116 à 122 : Fabien Clouette, Quentin Leclerc - The Aces | Page 122 à 130 : Emmanuel Parraud, Marion Lary - Portrait du cafre en punk : filmer l’altérité à La Réunion | Page 130 à 132 : Nizar Qabbani, Nouri Jarrah, Inès Horchani - Abandonnés à une même solitude | Page 132 à 140 : Diane Scott - Embarras du pouvoir et choix d’ennemis | Page 141 à 148 : Dimitris Alexakis - Points noirs sur fond rouge / 3 | Page 149 à 153 : Sophie Rabau - Désaccordlire | Page 154 à 158 : Hervé Brunon - Partager.

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vendredi 26 mai 2017

Alexandre Lissner (dir.) : Puissances de l'abstraction. Études sur l'excès du représentatif

Hermann - Avril 2017


L’idéalisme radical de Jean-Michel Le Lannou conteste l’identification de la pensée et de la représentation. Loin de soumettre à la vacuité et la mort, l’abstraction manifeste ses puissances d’excès. Plus rien ne nous oblige à persister dans notre amour du fini. Pourtant, la philosophie s’est longtemps méprise sur elle-même. D’où provient une telle mésentente sur le désir du penser ? Montrer comment la pensée a pu ainsi se fourvoyer sur elle-même doit permettre d’entreprendre sa libération définitive. Les études réunies ici s’attachent avec ambition à éclairer ce mouvement insurrectionnel d’une pensée qui refuse de se laisser retenir par la particularité et qui, dans son détachement même, rejoint l’affirmation substantielle la plus intense.

Alexandre Lissner, agrégé de philosophie, enseigne au Lycée français de Berlin.

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Céline Spector : Rousseau et la critique de l'économie politique

Presses Universitaires de Bordeaux - Mai 2017 - Collection : Histoire des pensées


Dans la France de la première moitié du XVIIIe siècle, cadre de l'avènement de la "science nouvelle" de la production et de la distribution des richesses, Rousseau critique l'économie politique. Sa critique vise le socle théorique commun à des courants de pensée divergents (mercantilistes, partisans du luxe ou Physiocrates), soit en des termes plus contemporains, le primat accordé à la croissance sur la justice. A cet égard, Rousseau est un lucide interprète des dangers de la société concurrentielle. Il a su voir que l'économie politique naissante reposait sur de folles illusions ― l'illusion du caractère naturel de l'intérêt, l'illusion de la transparence de la médiation monétaire, l'illusion des contrats "volontaires" entre individus inégaux, l'illusion, enfin, de l'harmonisation des intérêts dans la société marchande. Après Mandeville, Locke et Montesquieu, Rousseau a saisi l'évolution de la société commerçante. Il a combattu, à sa façon, le mythe de la "main invisible", auquel il entend substituer la "main visible" de la République. Le prophète des mystifications de l'économie politique a su faire entendre sa voix, et la Révolution française lui donnera un écho inédit. Marx, en ce sens, doit faire amende honorable : plus qu'une belle âme égarée au pays de l'utopie, l'auteur du second Discours a proposé une critique de l'économie politique dont nous pouvons encore tirer profit.

Céline Spector, Professeure de philosophie de l'Université Paris-Sorbonne et membre honoraire de l'Institut Universitaire de France, est l'auteure de nombreux articles et de plusieurs livres dont récemment Rousseau. Les paradoxes de l'autonomie démocratique, Paris, Michalon, 2015 et Eloges de l'injustice. La philosophie face à la déraison, Le Seuil, 2016.

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Cahiers philosophiques de Strasbourg n°41 : Marx jeune-hégélien

Presses Universitaires de Strasbourg - Mai 2017


Ce numéro porte sur la période de jeunesse de Marx, considérée au point tournant des années 1843 et 1844, marquées par son départ d'Allemagne et son installation à Paris. Cette brève période est caractérisée par des évolutions philosophiques et politiques très rapides de Marx. Politiquement, Marx est de plus en plus critique à l'égard du libéralisme et sa position est de plus en plus explicitement socialiste. Philosophiquement, Marx éprouve la nécessité d'une explication directe avec l’héritage hégélien et il entreprend une critique de la théorie de la société civile et de l’État exposée par Hegel dans ses Principes de la philosophie du droit. Cette critique de la philosophie hégélienne du droit a pour conséquence une proximité de plus en plus grande de Marx à l’égard de Feuerbach et de sa critique naturaliste de la spéculation philosophique. Les études rassemblées dans ce numéro permettent ainsi une compréhension plus fine de la position propre à Marx au sein du courant jeune-hégélien.

Ce volume réunit des articles de Franck Fischbach (éd.), Emmanuel Renault, Jean-Michel Buée, Jean-Christophe Angaut, Pauline Clochec, Éric N. Duhaime & Éric Pineault.

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jeudi 25 mai 2017

Jean-Louis Bischoff : Penser la notion de rencontre

L'Harmattan - Mai 2017


Déterminer conceptuellement la notion de rencontre : c'est l'objet de ce travail. Dans cette étude construite à partir d'un dialogue avec Max Scheler (Nature et formes de la sympathie), l'auteur veut montrer que la rencontre n'est pas une expérience que nous faisons, mais qu'elle s'offre plutôt comme une expérience qui nous fait, nous transforme, nous donne à advenir. Faire apparaître que la rencontre fournit une réponse à la question « qui suis-je » est donc l'un des buts que s'assigne Jean-Louis Bischoff. Ce faisant, il entend honorer le sens hébreu du mot rencontre (matsa) qui signifie tout à la fois, trouver, découvrir, recevoir. Faire surgir l'idée selon laquelle la rencontre (amicale, amoureuse, textuelle, spirituelle) peut permettre de combattre (le premier sens avéré du mot rencontre en français est « action de combattre » les illusions d'un moi rabougri et contre dynamisé par le tout à l'ego est en conséquence la tâche ultime que l'auteur se donne. 

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mardi 23 mai 2017

Claude Romano (dir.) : Du moi à l'authenticité. La philosophie de Charles Larmore

Mimesis - Mai 2017


On connaît de Charles Larmore (1950), philosophe moral américain contemporain, ses célèbres objections à John Rawls, mais peu de travaux se concentrent sur sa philosophie : son réalisme moral, sa réhabilitation partielle de l'idéal d'authenticité, sa version du libéralisme politique ou encore à sa théorie normativiste du moi. Ce sont ces différents aspects de sa pensée que les études contenues dans ce volume, premier ouvrage entièrement consacré à l'oeuvre de Charles Larmore, interrogent et mettent en perspective. Un essai inédit du philosophe américain ainsi qu'un débat entre Charles Larmore et Alain Renaut autour de la controverse réalisme-idéalisme y figurent également, en guise de conclusion.

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Thierry Hoquet : Déicide ou la liberté

Editions IXe - Avril 2017 - Collection : Ixe' prime


Deuxième conte philosophique de Thierry Hoquet, Déicide ou la liberté fait suite à Sexus nullus, ou l'égalité. Et nous rappelle, avec la même ironie, que si la loi de 1905 organise la séparation de l'Église et de l'État, elle ne s'applique pas à tout le territoire de la République « une et indivisible » : de la Guyane à Mayotte à l'Alsace-Moselle, huit régimes différents s'accommodent tant bien que mal des grands principes de la laïcité. Dieu étouffe Marianne, il n'a pas sa place dans l'espace public clament les partisans du déicide. Oui mais, ricanent les croyants, vouloir tuer Dieu c'est reconnaître son existence…

Philosophe, spécialiste de la philosophie des sciences naturelles et de la période des Lumières, Thierry Hoquet est professeur à l'Université Paris-Nanterre. Il a publié sous iXe Sexus nullus, ou l'égalité, paru en 2015.

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Alexandre Lacroix : Pour que la philosophie descende du ciel

Allary - Février 2017


Vingt-quatre siècles après la mort de Socrate, il est temps qu'on cesse de prendre les idées pour des divinités célestes, intimidantes et hautaines. D'en finir avec ce préjugé que les grandes notions de la philosophie flotteraient au-dessus de nos têtes, qu'elles appartiendraient à une réalité à part, inaccessible. 
Philosopher n'est pas simplement affaire de spécialistes et d'érudits. Cela ne s'apprend pas forcément dans les manuels, bien au contraire : il s'agit d'abord d'un acte de pensée accessible à chacun, pour peu qu'on ait confiance en son jugement et qu'on fasse l'effort de réfléchir à sa propre condition. 
Fort de cette conviction, Alexandre Lacroix aborde ici des thèmes comme le désir, le courage, l'histoire, l'érotisme, la nature, le langage, le vieillissement, ou Dieu... 
En partant à chaque fois d'une expérience vécue, d'un rêve marquant, d'une conversation entre amis, du souvenir d'un être disparu, de la contemplation d'un paysage, il montre que loin d'être des constructions abstraites, les idées naissent le plus souvent d'un rapport concret au monde. Et qu'avant d'être une discipline scolaire, la philosophie est bien une émanation de la vie. 
Pour que la philosophie descende du ciel rassemble dix années d'écrits d'Alexandre Lacroix dans Philosophie Magazine.

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lundi 22 mai 2017

Xavier Renou (dir.) : D’abord penser. Autour de Pierre Raymond

Kimé - Mai 2017



Outre deux textes importants de Pierre Raymond lui-même (sur Althusser et sur Spinoza) qui sont republiés ici, il y a, dans cet ouvrage collectif qui lui est dédié, comme l’amorce joyeuse d’une encyclopédie raisonnée et critique. Et c’est en cela qu’il lui fait hommage, à lui, philosophe d’esprit critique et encyclopédique à la fois.
Qu’ils ou elles aient été, en effet, ses collègues ou ses élèves, tous les auteurs de ce recueil étaient ses ami(e)s. Et, accompagnant les images chaleureuses de sa personne ou de son enseignement, leur témoignage d’amitié prend ici la forme de contributions expertes et passionnées à l’avancée de leurs disciplines respectives : mathématiques, physique, économie, psychanalyse, musique, politique, sans oublier, cela va de soi, la philosophie elle-même. Honneur, donc, à Pierre Raymond que d’avoir eu de tel(le)s ami(e)s.
Ici se rejoignent, en même temps que des générations différentes, des « noms connus » et des auteurs moins connus. Mais, hommage suprême, dans cette féconde diversité apparaît l’unité d’un esprit commun fait d’exigence théorique maximale et d’ouverture aussi bien sociale et politique qu’intellectuelle.
Esprits libres, ils et elles sont heureux de se retrouver pour fêter l’un des leurs, philosophe, et assez grand philosophe pour avoir choisi, loin des illusions du philosophe-roi (ou conseiller des rois), tout comme de l’emphase des philosophes-prophètes, la place de philosophe-citoyen, professeur au service de la diffusion populaire de la philosophie.
Car pour lui comme pour ses ami(e)s il ne s’agit, au fond, que de parvenir, avec le plus grand nombre, à être dignes du « premier devoir » pointé par Pascal : penser.

Jean-Jacques ALRIVIE, Françoise BALIBAR, Michel BENHAÏEM, Jean DUGUÉ, Pierre GUENANCIA, Christian HOUZEL, Bruno HUISMAN, Adam KAPELLA, Robert LÉVY, Didier NORDON, Franck NOULIN, Michel PLON, Jean-Louis POIRIER, Yvon QUINIOU, Hélène RAYMOND & Fabrice TRICOU, Xavier-F. RENOU, Gilles RIBAULT, Élisabeth ROUDINESCO, Antoine ROULLÉ, Anne-Françoise SCHMID, J.-J. SZCZECINIARZ, André TOSEL, Pierre TOUSSENEL, Mathieu TRICLOT

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Shmuel Trigano : Qu'y a-t-il à racheter ? Culpabilité et salut

In Press - Avril 2017


Il y a dans la vie du judaïsme des rites dont la signification mêle des dimensions à la fois claires et occultes. Ceux-ci sont censés produire par leur mise en actes même des effets bénéfiques sur le plan existentiel, tant physique que moral. Plusieurs d'entre eux émargent à la notion de "rachat". C'est là une traduction problématique de la "réparation" (kapparah) d'une faute ou d'une transgression, voire d'une condition (celle d'aîné mâle dans le cas du "rachat du premier-né", pidyon haBen) ; ou d'un état, le sexe masculin, pour la brith-milah. Pour approfondir le sens de ces notions, il faut évidemment questionner leur sens mais aussi, en amont, la nature de l'acte ou de la condition que ces rites sont censés amender. C'est une des questions les plus profondes de l'expérience religieuse qui est ici concernée, et à la compréhension de laquelle philosophes, psychanalystes, anthropologues tenteront de contribuer.

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Konstantinos Spiliotis : Théories du code. Debord, Baudrillard, Deleuze, Guattari

Éditions universitaires européennes - Avril 2017


Une des particularités des sociétés capitalistes contemporaines consiste en ce que les codes ne servent pas à faciliter la communication interindividuelle, ni non plus à organiser le fonctionnement de la société. Les codes ne répercutent pas la structure sociale, ne constituent pas l'aspect visible des relations sociales. Au contraire, ils dissimulent le Réel. Ils cachent la réalité des rapports sociaux, des usages des objets, des désirs des individus et des groupes sociaux. Le capitalisme fonctionne avec ses propres codes. Il codifie tout aspect de la réalité, et en même temps il procède à une destruction généralisée des codes de la réalité. Les trois textes unis dans ce livre reposent sur une problématique concernant d'abord la façon dont le capitalisme utilise les codes hérités par les sociétés traditionnelles ainsi que les codes créés par lui-même, et, ensuite, les limites de la codification du Réel qui sont essentiellement les limites du capitalisme lui-même.

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dimanche 21 mai 2017

Tadeusz Kotarbinski : Écrits sur l'éthique (1935-1987)

Hermann - Avril 2017


Les écrits éthiques de Tadeusz Kotarbiński, publiés jusqu'ici uniquement sous forme d'articles qui n'ont jamais donné lieu à un livre sur l’éthique comparable à ses autres travaux, sont beaucoup moins connus que ses systèmes de logique et de praxéologique. Leur auteur, pourtant, considérait les questions éthiques comme primordiales, et jamais il ne cessa de s'en préoccuper, dès le début de sa production philosophique (à commencer par sa thèse de doctorat sur l’utilitarisme dans l’éthique de Mill et Spencer). Et s'il ne donna aucune précision sur la manière de mettre en œuvre son système d'éthique dans les situations concrètes – considérant en effet que chacun était en mesure de prendre des décisions morales, notamment en cas de conflit de valeurs, sans être guidé dans sa démarche –, Kotarbiński insista en revanche sur le fait que toute éthique devait avant tout être indépendante de la religion et de tout système philosophique. Ce livre, qui réunit les travaux d'éthique les plus importants du philosophe, introduit ainsi à sa pensée et témoigne de son rôle majeur dans l'histoire et l'évolution des idées du XXe siècle.

Tadeusz Kotarbiński (1886-1981), logicien et philosophe polonais, est une figure emblématique de la vie intellectuelle polonaise du XXe siècle. Kotarbiński fut aussi président de l'université de Lodz, de l'Académie des sciences polonaises et de la Société polonaise de philosophie.

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Martin Heidegger : Vers une définition de la philosophie

Le seuil - Mai 2017 - L'Ordre philosophique


Qu'est-ce que philosopher en temps de crise ? Suffit-il de recourir aux " valeurs " pour échapper à la détresse du présent ? Quels sont les liens entre la pensée, la science et la vie ?

Ces questions sont au cœur des deux premiers cours de Martin Heidegger prononcés à l'université de Fribourg en 1919, au lendemain de la défaite allemande. Ces leçons marquent la toute première expression publique d'une pensée qui cherche les mots pour se dire et une méthode pour accéder à son domaine. Le jeune Heidegger débat avec ses contemporains, surtout les philosophes néokantiens, de la notion de " culture " qui a perdu de son évidence après quatre années de déferlement de violence. De là l'ébauche d'une réflexion sur l'essence de l'Université qui trouvera son achèvement catastrophique dans le Discours du rectorat de 1933. Derrière la critique du concept de la culture et des " valeurs " pointe pourtant déjà le souci de rapporter la philosophie au vécu dans sa dimension quotidienne, le plus souvent occultée par la théorie de la connaissance. Au-delà du contexte historique, ces cours annoncent sur un mode clair et pédagogique les gestes théoriques qui seront déployés dans Être et Temps (1927) : déconstruction de la tradition philosophique, interrogation sur le sens de l'historicité, analyse de la vie facticielle (qui ne se nomme pas encore " existence "), souci de retour aux " choses mêmes " par-delà les objectivations de la science, lien essentiel entre le sujet et le monde. À ce titre, ces cours constituent un document exceptionnel pour approcher une œuvre aussi essentielle que controversée.

La pensée de Martin Heidegger (1889-1976), dont l'œuvre publiée traverse le xxe siècle, a profondément marqué la philosophie des dernières décennies tout en étant régulièrement l'objet de vifs débats en raison de l'engagement, un temps, du philosophe en faveur du parti national-socialiste.

Traduit de l'allemand par Sophie-Jan Arrien et Sylvain Camilleri.

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samedi 20 mai 2017

Josep E. Rubio : Raymond Lulle, le langage de la raison. Une introduction à la genèse de l'Ars

Vrin - Avril 2017 - Collection : Conférences Pierre Abélard


Le philosophe et théologien Raymond Lulle (1232-1316) est connu surtout comme l’auteur d’une Ars de trouver la vérité qu’il présente comme alternative aux méthodes développées dans le milieu universitaire.
Pour comprendre cette Ars, il faut tenir compte de son but : convaincre les infidèles de la vérité de la foi catholique à l’aide de la raison. Cela n’est possible qu’en la concevant comme un langage commun, universel, qui surmonte les déficiences propres à la nature sensible du signe et qui offre à l’entendement de vrais signifiés intellectuels. Le lecteur trouvera dans ce livre une explication de la genèse et du fonctionnement de la méthode lullienne, envisagée comme une réponse aux enjeux expressifs et communicatifs impliqués dans le souci missionnaire de son auteur. On perçoit ainsi que l’Ars de Lulle incorpore des solutions, et même des références concrètes, empruntées aux réflexions théoriques contemporaines à propos du langage, mais orientées vers une pratique communicative au service de la mission.

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Collectif : Kant et les penseurs de langue anglaise. Mélanges en l'honneur de Jean Ferrari

Vrin - Mai 2017


Le dialogue de Kant avec les penseurs de langue anglaise joue un rôle important dans la genèse de sa propre philosophie, et ce, dans des domaines très divers de sa pensée tant pratique que théorique. Or, si ses interprétations de Locke ou de Hume ou encore l'influence précoce qu'exercèrent sur sa physique, sa cosmologie et, plus largement, sur sa philosophie naturelle les Principia mathematica de Newton sont bien connues, sa connaissance et sa fréquentation d'autres auteurs anglo-saxons ou écossais, tels que Smith, Burke ou Hutcheson, sont moins étudiées. De même et symétriquement, la réception du kantisme dans l'ère anglo-saxonne, notamment chez Coleridge, Sidgwick, Moore ou Madison, est encore rarement mise en lumière. Aussi le présent volume tente-t-il d'éclairer quelques-uns des pans décisifs de ce dialogue de Kant avec les penseurs anglo-saxons, soulignant à la fois leur apport, direct ou indirect, à la constitution du philosopher critique et l'influence que celui-ci exerça et continue d'exercer sur les anglo-saxons.

Direction : Sophie Grotte, Mai Lequan, Lukas Sosoe

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Jean Louis Schefer : L'Image et l'Occident. Sur la notion d'image en Europe latine

P.O.L. - Avril 2017 - Essais


Il y a bien eu, dans le refus d'un culte des images en Europe latine, la construction d'un dogme des images portant prescription de leur usage conforme à leur pouvoir d'évocation du passé (un art de mémoire), aux manipulations de figures dans la machinerie des rêves. La théologie et les philosophies en ont fait l'instrument approché de toute connaissance conçue comme la lecture d'un tableau, possible parce que nous en participons par notre nature. Que signifient les formules de la création : l'homme a été fait comme une image ― l'homme a été créé selon le mode des images ― Dieu a créé l'homme à son image, ou encore, il l'a fabriqué par une image ?

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vendredi 19 mai 2017

Fredric Jameson : Représenter Le Capital

Editions Amsterdam - Avril 2017


Comment représenter le capitalisme en tant que système ? Telle est la question à laquelle Marx apporte une réponse entièrement neuve, consistant à penser le capital comme une série d'"énigmes". A commencer par celle qui préside à sa naissance : comment l'argent peut-il engendrer de l'argent, se valoriser lui-même ? Le capitalisme n'est rien sans ce mouvement permanent, qui explique à la fois ses crises et sa résilience, puisqu'il résout ses contradictions en les projetant à un niveau spatiotemporel supérieur. Fredric Jameson propose ici une relecture du Capital pour notre époque marquée par une cascade de crises financières. La dernière en date n'a pas seulement suscité un regain d'intérêt pour le chef-d'oeuvre de Marx comme chaque mutation majeure du système capitaliste, elle l'a aussi transformé, en mettant l'accent sur le crédit, d'une part, et, d'autre part, sur l'impérialisme ou l'accumulation initiale. Cette conjoncture précise appelait une interprétation nouvelle. Au cours de sa reconstruction des paradoxes du capitalisme, Jameson avance une thèse apparemment scandaleuse : bien que l'intelligence politique de Marx soit incontestable, Le Capital n'est pas un livre politique. C'est un ouvrage purement économique, qui démontre pourquoi le capitalisme produit nécessairement du chômage et de la misère. Paradoxalement, c'est aussi cela qui fait sa force : il nous invite à comprendre la nature du capital et à imaginer ce que pourrait être la vie dans un autre mode de production.

Fredric Jameson, professeur de littérature comparée à Duke University, est l'un des principaux théoriciens marxistes contemporains, et l'auteur d'ouvrages déjà classiques L'Inconscient politique et Le Postmodernisme. En 2008, il a reçu le prix Holberg pour l'ensemble de son oeuvre.

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Héraclite : Fragments recomposés présentés dans un ordre rationnel (par Marcel Conche)

PUF - Mai 2017


Cette nouvelle édition commentée des Fragments d'Héraclite est le fruit d'un travail totalement inédit. Alors que les éditions de référence (Hermann Diels en 1922 et Walter Kranz en 1934), comme celle de Jean Bollack et Heinz Wismann, se limitaient à les présenter selon un ordre alphabétique arbitraire, Marcel Conche procède ici à un mouvement d'ensemble du concret vers l'abstrait. Après des règles de méthodes viennent ainsi des lois universelles, puis les réalités elles-mêmes : le monde, les âmes, la cité... Le schéma eût sans doute fait sourire Héraclite (ce qui n'eût pas été marque de désaveu), mais il rappelle qu'un fragment ne doit pas être interprété seul, et que les Fragments sont avant tout le reflet d'un système achevé en constante redéfinition.

Marcel Conche est professeur émérite à l'université Paris-1-Panthéon-Sorbonne et membre de l'académie d'Athènes.

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Roger Pouivet : L'art et le désir de Dieu. Une enquête philosophique

PU Rennes - Mai 2017 - Collection : Aesthetica


Il est devenu inhabituel dans la philosophie moderne et contemporaine plus encore de faire appel à Dieu, à la nature humaine créée, à l'âme, à la finalité de toutes choses, et à celle de l'homme en particulier. C'est pourtant ce que tente ce livre : une métaphysique de l'art et de la vie esthétique dans une tradition réaliste et religieuse. Parmi les choses qui existent fondamentalement se trouvent les oeuvres d'art, même si leur existence dépend de nous, être humains. Il y a de l'art parce qu'il y a des êtres tels que nous sommes, des animaux rationnels. Les êtres humains peuvent, en étant intellectuellement et moralement vertueux, réaliser excellemment leur nature, c'est-à-dire leur rationalité. L'art et la vie esthétique sont des produits de cette nature rationnelle. Les oeuvres d'art sont des substances artefactuelles qui fonctionnent esthétiquement. L'art n'est donc pas réductible aux pratiques artistiques ; la vie esthétique ne se confond pas avec une sorte d'expérience. Art et vie esthétiques sont un aspect de la réalisation par l'homme de la rationalité. Et par son âme rationnelle, l'homme participe, autant qu'il est possible, à l'esprit le plus élevé, celui de Dieu, duquel dépendent toutes choses. L'art et la vie esthétique sont ainsi des formes du désir naturel de Dieu – c'est la thèse que ce livre entend défendre.

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mercredi 17 mai 2017

Camille Riquier : Philosophie de Péguy

PUF - Mai 2017


L'ambition de ce livre est de fournir à la philosophie de Péguy l'« appareil » capable de manifester le plus fidèlement possible le « profond ordre intérieur » qui tient ensemble la multitude de textes qui a jailli génialement de sa plume. Loin de pointer les contradiction d'un homme, il s'agit alors de suivre la continuité et la cohérence d'un chemin, par-delà toutes les ruptures apparentes, qui se déroule selon un drame chrétien : L'état d'innocence, d'abord, la pureté de son combat socialiste et une jeunesse saisie par l'événement de l'Affaire Dreyfus et tenue par la venue imminente de la cité harmonieuse ; la chute, ensuite, avec l'histoire de la décomposition du dreyfusisme et l'enfer du monde moderne ; le salut, enfin, avec le retour de la foi catholique et les nouvelles ressources que lui prodigue la vertu d'espérance.

Camille Riquier est maître de conférences en philosophie à l'Institut catholique de Paris. Lauréat de l'Académie Française pour son ouvrage Archéologie de Bergson (Puf, 2009, Prix La Bruyère 2010) et corédacteur avec Arnaud François des Annales bergsoniennes, il a par ailleurs dirigé ou codirigé plusieurs collectifs sur Péguy : Charles Péguy vivant, 1914-2014 (revue Nunc, no 32, 2014) ; Charles Péguy (Cerf, 2014) ; Pensée de Péguy (avec Benoît Chantre et Frédéric Worms, DDB, 2014).

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Bertrand Ogilvie : Le travail à mort au temps du capitalisme absolu

L'Arachnéen - Mai 2017


Ce livre témoigne d'une réflexion menée pendant une dizaine d'années sur le travail. Il porte la trace d'un déplacement d'accent qui ne doit pas être effacé : l'hésitation qu'il recèle est en elle-même un enjeu. En effet, passer d'une reconnaissance de la dimension émancipatrice du travail comme lieu de désobéissance possible à l'accentuation de son lien à la mort, au négatif, présent dès le départ mais qui l'emporte de plus en plus dans le contexte néolibéral, ce n'est pas changer d'avis sur la signification de la dimension laborieuse de l'existence sociale, mais accepter qu'elle soit le lieu d'une contradiction pour l'instant insoluble. Au lieu d'opposer les deux libérations du travail, celle où le travail se libère et celle où l'on s'en libère, il faut sans doute essayer de penser comment on ne peut se libérer du travail qu'en le libérant. La question cruciale est de savoir laquelle des deux libérations domine l'autre, ou laquelle s'effectue sous domination de l'autre. Disons que l'orientation de ces réflexions penche plutôt vers l'idée que, dans le contexte d'une lutte politique, la libération du travail, sa réorganisation, ne devrait se faire que dans la perspective de son abolition, mais que cette abolition ne peut s'amorcer que sur la base de sa réorganisation, ou de sa désorganisation... Par ailleurs, les destructions à l' oeuvre dans le monde du travail ne peuvent aucunement être confondues avec l'abolition du travail, elles en constituent plutôt une métamorphose qui déploie au maximum sa négativité, et qui renforce le travail tout en le dépassant. Souligner cette perspective, c'est faire apparaître du même coup d'autres orientations, dans lesquelles son dépassement pourrait oeuvrer au contraire à son abolition.

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Christophe Bouriau et Aude Mertens : Kant. Une philosophie du renouveau métaphysique

Ellipses - Mai 2017 - Aimer les philosophes


Pour Emmanuel Kant (1724-1804), la philosophie s'occupe de trois questions fondamentales, qui correspondent aux trois intérêts principaux de la raison humaine : " Que puis-je savoir ? " ; " Que dois-je faire ? " ; " Que m'est-il permis d'espérer ? " En montrant que notre connaissance est limitée à une expérience de type sensible, Kant semble ruiner la métaphysique comme science du suprasensible, tournée vers les objets qui ne tombent pas sous les sens (Dieu, l'âme, la liberté, la question des limites du monde, par exemple).
Or, rien ne serait plus injuste que de voir en Kant le fossoyeur de la métaphysique. Si cette discipline n'est pas possible sur le plan théorique, montre-t-il, elle est en revanche possible (et même nécessaire) sur le plan plan " pratique ". Cela veut dire que l'usage de certains énoncés métaphysiques nous permet seul de mener à bien certaines opérations dirigées vers des buts rationnels. En critiquant et en réformant la métaphysique, Kant en consacre le renouveau. Il inaugure une métaphysique d'un style bien particulier, que nous nommons la métaphysique du " comme si. " C'est à élucider le statut et la fonction de cette métaphysique nouvelle que ce livre est consacré.

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mardi 16 mai 2017

Alfredo Gomez-Muller : Nihilisme et capitalisme

Kimé - Mai 2017


L’expérience nihiliste de vivre dans un monde dépourvu de sens est rattachée à l’expansion mondiale du capitalisme, qui n’est pas simplement un mode de production mais aussi et surtout un régime de dévastation de la capacité humaine de créer et de conférer du sens et de la valeur au monde ainsi qu’à l’activité humaine comme telle. Le capitalisme — privé ou d’État— est un régime de clôture du possible qui assigne à l’humain ainsi qu’à tout ce qui existe la signification absolue de ressource disponible et appropriable en vue de l’accumulation de l’avoir et du pouvoir. Un régime qui est incompatible avec la culture dont le sens premier est le prendre soin de la terre — puis le prendre soin de l’humain. L’activité capitaliste est portée par un modèle de rationalité purement instrumentale et calculatrice, déterminant une subjectivité « unidimensionnelle », capable de finalités utilitaires mais incapable de (re)créer socialement et incessamment une symbolique du sens existentiel. Une subjectivité sans esprit, à l’image du « dernier homme » décrit par Nietzsche, pour lequel l’habitude de regarder vers le bas lui fait perdre jusqu’à la signification du mot « étoile ».
La critique de la dévastation « moderne » de la vie humaine et de la vie en général passe aujourd’hui par une critique culturelle du capitalisme, explicitant le statut idéologique du nihilisme. La critique de la clôture capitaliste du symbolique ne signifie nullement qu’il faille revenir aux récits traditionnalistes du sens et de la valeur. En tant que modalité de l’exigence critique de la pensée, la critique culturelle du capitalisme nous invite à repenser historiquement les conditions du sens existentiel et de la valeur, par delà toute dogmatique et en deçà des dichotomies établies entre le « réel » et l’ « utopie », la « raison » et l’« imaginaire », le « visible » et l’invisible ». Elle entend ainsi contribuer à libérer un espace de pensée et de passion en vue de la (re)création des « énergies utopiques » de l’humain ou, pour le dire peut-être plus simplement, de l’esprit humain. Ce livre entend proposer, de manière succincte, une série de repères historiques et thématiques de la critique culturelle du capitalisme.

Alfredo Gomez-Muller est professeur d’Études Latino-américaines et de Philosophie à l’Université François-Rabelais de Tours, et membre des équipes de recherche Interactions Culturelles et Discursives (ICD, Tours) et Théorie Politique Contemporaine (TEOPOCO, Universidad Nacional de Colombia). Parmi ses ouvrages : Éthique, coexistence et sens ; Sartre, de la nausée à l’engagement ; Alteridad y Ética desde el descubrimiento de América ; Anarquismo y anarcosindicalismo en América Latina ; La Reconstrucción de Colombia.

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Pierre Macherey : S'orienter

Kimé - Mai 2017 - Bifurcations


En se demandant ce que c’est en pratique, s’orienter, on tire un fil auquel se raccrochent, présentées sous des biais inattendus, beaucoup de questions dont l’importance philosophique est manifeste et même centrale. On s’oriente, ou on est orienté — c’est le principal dilemme auquel on est confronté lorsqu’on s’intéresse à cette question —, dans l’espace physique, mental, collectif, en vue de s’identifier professionnellement, sexuellement, politiquement, religieusement, dans des conditions qui, à chaque fois, oscillent entre deux pôles extrêmes, l’un de passivité, l’autre d’activité. Au fond, la philosophie dans son ensemble pourrait renvoyer à cette question dont les enjeux concernent tout le monde à tout moment, partout, sans exception. Le rat qui se repère tant bien que mal dans le labyrinthe du psychologue, le voyageur qui essaie de se retrouver dans la forêt où il est perdu, le militant révolutionnaire qui cherche une issue à la crise qu’il a contribué à déclencher, le savant en quête d’épreuves de vérité qui lui permettent de démêler les problèmes qu’il s’évertue à clarifier, le croyant qui se demande désespérément où trouver un sens à la vie : toutes ces situations, qui s’inscrivent dans des contextes très différents, ont néanmoins en commun de renvoyer à la même exigence, celle de s’orienter, qui engendre des comportements dont le résultat n’est nullement acquis à l’avance. Peut-être est-ce de cette exigence et des innombrables difficultés auxquelles elle est confrontée que le désir de philosopher tire son impulsion première.

Pierre Macherey est professeur honoraire à l’Université Lille Nord – Lille III, il est l’auteur de nombreux ouvrages.

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Jean-Michel Rey : Penser avec l'imaginaire. Entretien avec Michel Enaudeau

Les Belles Lettres - Mai 2017


Ce livre d’entretiens s’attarde à des matières qui mobilisent peu les philosophes : le crédit, la croyance, la confiance, l’oubli, la fiducia, la banqueroute. Elles sont l’ancrage d’une conception peu commune du XIX° siècle, attentive aux relations de pensées entre la France et l’Allemagne, foyer négligé de notre présent. C’est ce qui sous-tend ce que Jean-Michel Rey appelle le dialogue franco-allemand. 
Depuis un premier livre sur Nietzsche au début des années 70, le travail philosophique de Jean-Michel Rey avance par reprises qui relancent et amplifient les motifs de sa réflexion sans obéir à un programme ou des objectifs assignés. Celle-ci prend corps au sein d’un corpus philosophique, théologique, littéraire, économique et historique extrêmement vaste. Des Tragiques grecs aux auteurs contemporains, de La Boétie à la philosophie allemande, des grands historiens français du XIX° siècle à l’empirisme anglo-saxon, de la Révolution française à Saint Paul et à la psychanalyse freudienne, le lecteur croisera maints écrivains, penseurs et essayistes considérables. 
À chaque fois c’est la pensée qui travaille avec des formes différentes de l’imaginaire. Autant que les questions rencontrées compte la modulation des phrases qui les disent. C’est pourquoi les problèmes abordés se lient à une sensibilité affectée par le langage et les langues, libre d’en discerner les moindres inflexions. À l’écart de tout éclectisme, les parcours de Jean-Michel Rey semblent inachevables. (2016-12-21)

Jean-Michel Rey, ancien Directeur de programme au Collège International de Philosophie (1992-1998), est professeur émérite de l’Université Paris VIII où il a enseigné la philosophie et l’esthétique. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages. Citons, entre économie politique et morale, La Part de l’autre (1998), Le Temps du crédit (2002) et Les Promesses de l’œuvre (2003). On lui doit la republication de Philosophie de l’Histoire de France d’Edgar Quinet suivie d’une postface (2009).
Michel Enaudeau est journaliste honoraire. Il a publié des entretiens avec Laurence Kahn : Fiction et vérité freudiennes (2004), et, avec Miguel Abensour : La Communauté politique des “tous uns” (2014).

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jeudi 11 mai 2017

Richard L. Velkley : Heidegger, Strauss et les prémisses de la philosophie

Editions de la revue Conférence - Mai 2017


Leo Strauss n’est pas seulement le pourfendeur de tout relativisme et le défenseur du droit naturel et de la philosophie politique classique, celle de Socrate, de Platon et d’Aristote. Il est surtout un penseur de l’aporie ou du doute, un penseur radical dans la ligne de l’interrogation de Heidegger. Strauss a été profondément inspiré par la radicalité sans égale dont a fait preuve Heidegger dans sa lecture de l’histoire de la philosophie. Mais cette dette va de pair avec une critique dont ce livre détaille avec précision les différents aspects. Heidegger se situe dans la continuité de la philosophie moderne et de son primat de la pratique sur la théorie, ce qui n’a pas été sans effet sur son engagement politique en 1933, et, plus tard, sur son éloignement de la politique et son attente de nouveaux dieux. 

L’intérêt du livre de Richard L. Velkley est de montrer, en suivant scrupuleusement les textes, la complexité de la relation de Strauss à Heidegger et la richesse de la «rectification» qu’il impose au questionnement de ce dernier. Ce faisant, l’auteur nous fait voir ces deux philosophes sous un jour nouveau. En s’interrogeant sur la manière dont ils envisagent les prémisses de la philosophie, il nous permet de mieux percevoir la singularité et l’étrangeté de la philosophie, alors que l’on pense couramment que sa place dans la cité va de soi.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Olivier Sedeyn

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Jacqueline Lagrée : Le médecin, le malade et le philosophe

PU Rennes - Mai 2017


Que peut dire une philosophe de la relation entre un patient et son médecin ? Lorsque la maladie survient avec son lot de désarroi et de solitude, la stupeur prend le pas sur la réflexion. Et pourtant, il est alors urgent de comprendre et d'écouter, de regarder l'autre comme une personne et de construire une relation de confiance et de respect mutuels. La vérité appartient-elle au malade ou au médecin ? Appartient-elle en fait à quelqu'un ? Que signifie faire don d'un organe ? Que devrait être une consultation qui respecte la dignité du malade ? Comment rester une personne à part entière lorsque l'on n'est plus qu'un corps endormi, anesthésié ? Ces questions, le médecin, le malade et ses proches se les posent sans cesse mais d'un point de vue fort différent. Et c'est bien là l'aide irremplaçable de la philosophie : apprendre à voir autrement, adopter le regard de l'autre et aborder ces questions d'une manière neuve.

Jacqueline Lagrée, professeur émérite de philosophie à l'université Rennes 1 est spécialiste de la philosophie de l'âge classique (Spinoza, les néostoïciens). Elle fait partie depuis sa création du comité d'éthique médicale du CHU de Rennes et intervient régulièrement auprès d'un public de soignants.

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Le Philosophoire n°47 : "L'Esprit critique"

Vrin - Mai 2017


L'Esprit critique

Editorial. Esprit critique : sauvons les meubles !
Vincent Citot
Entretien avec Olivier Rey, par Olivia Leboyer
—La réorientation matérialiste de l’esprit critique dans la philosophie de T. W. Adorno
Lucie Wezel et Jean-Baptiste Vuillerod
—L’apogée de la libre pensée en Islam
Vincent Citot
—Le chevalier de Jaucourt, un combattant des Lumières
Thomas Ferenczi
—Projeter le réel. Notes sur l’attitude critique inhérente à la notion de réalisme, à partir du film Chung Kuo, Cina, de Michelangelo Antonioni
Stefanie Baumann

Présent et avenir de la philosophie
Table ronde des Vingt ans du Philosophoire
—Résumé des interventions de Jean-Claude Poizat, Vincent Citot et Frédéric Dupin
—Philosophie médiatique et “demande philosophique”
Louis Pinto
—Essai d’évaluation de la production philosophique contemporaine
Vincent Citot

Les livres passent en revue
—Scènes de la vie intellectuelle en France d’André Perrin
Sylvie Paillat
—Décadence de M. Onfray – philosophie de l’histoire, histoire savante et para-histoire philosophique
Vincent Citot
—Arendt avec Heidegger ?
Charles Boyer
—La révolution sociologique de Marc Joly, et la question de la décadence de la philosophie
Vincent Citot

—Notices sur quelques publications récentes et ouvrages envoyés à la rédaction : Ferdinand Alquié, Lionel Artesiano, Philippe Cabestan, Christophe Charle et LaurentJeanpierre, Simon Critchley, Jérôme Englebert et Grégory Cormann, Fontenelle, Robin Fortin, Martin Heidegger et Eugen Fink, Alice Holzhey-Kunz, Geoffroy deLagasnerie, Gérard Lebrun, Reiner Shürmann, Nicolas Tertulian.

Hors Thème

—Le mal compris. Théologie et philosophie face au mal
Philippe Grosos

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mardi 2 mai 2017

Revue de la BNF n° 54 : Pop Philo. Philosophie et culture populaire

BnF éditions - Mars 2017


Ce numéro de la Revue permet d'interroger ce " besoin de philosophie " qui traverse nos sociétés modernes et la manière dont les philosophes et les médias y répondent, à travers l'évocation des objets populaires dont ils se sont emparés. Réponse bienveillante, voire complaisante ? Injection superficielle de sens ? Ou un moyen de renouer avec une tradition ancienne de la philosophie qui entend faire ressortir en chacun la capacité à comprendre et à s'approprier le monde ? Pour répondre, la Revue laisse la parole aux philosophes : Raphaël Enthoven (les risques de la parole publique), Christian Godin (la kitsch philosophie ?), Sandra Laugier (les vertus ordinaires de la culture populaire), Yves Charles Zarka (le besoin de sens détourné par les médias)... et au sociologue Jean-Louis Fabiani (Philosophie, nouvelles politiques de l'offre et métamorphoses de la demande).

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samedi 29 avril 2017

Anton Marty : Sur l'origine du langage

Hermann - Avril 2017 - Le bel aujourd'hui


Le présent livre d’Anton Marty (1873-1914) constitue un tournant dans l’histoire des réflexions sur le langage. Son objet est d’établir une véritable « philosophie du langage », débarrassée des adhérences théologiques, qui attribuaient une origine divine au langage, ou du romantisme, qui défendait encore l’idée d’un « génie » ou d’un « esprit » des langues. Selon Marty, le langage n’a pas d’autre origine que le travail de facultés humaines, et il est donc possible d’en reconstruire la formation à partir d’hypothèses empiriques, qui illustrent à chaque étape le rôle de l’imitation, de l’habitude et de l’usage collectif de la langue. Avec cette thèse, Marty se pose en véritable interlocuteur et contradicteur de Husserl, dont les thèses sur la logique sont notamment discutées, et jette les bases du pragmatisme contemporain, puisqu’elle conçoit d’emblée le langage en fonction de sa finalité principale : communiquer des contenus de pensée, des créations de l’imagination, des émotions. Œuvre essentiellement collective, le langage reste lié à ce registre social, sans pour autant exclure la part évidente d’innovations et d’écarts individuels.

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Philippe Roy : L'immeuble du mobile. Une philosophie de la nature avec Châtelet et Deleuze

PUF - Avril 2017 - Collection : MétaphysiqueS


L'immeuble du mobile invite à faire l'expérience d'une manière de penser, par gestes et par diagrammes. Il est une poursuite du travail de Gilles Châtelet soutenue par un approfondissement de la conception du virtuel et de l'événement propre à Gilles Deleuze. Refusant le face-à-face de la nature et de la pensée, il déploie un projet de renouveau de la Naturphilosophie dans le cadre du physico-mathématique, de Galilée jusqu'à la physique quantique. Il expose une dialectique comprenant des centres d'indifférence au cœur des gestes et de leurs dimensions (symétries). Ces dimensions spatiales-temporelles-intensives de l'effectuation du virtuel sont des paliers de la nature et de la pensée, avec des modes différents de mobilité. Des expériences de gestes en pensée sont proposées au lecteur-acteur pour accéder à chacun des paliers, suivant une narration induisant les passages par les subjectivités propres à chacune de ces mises en scène. Ces subjectivités gestuelles sont les fantômes de l'immeuble, ses Horla, le virtuel...

Philippe Roy est enseignant et docteur en philosophie (thèse à l'université de Paris 8 « Gestes et diagrammes politiques »).

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vendredi 28 avril 2017

Alain Badiou : Le Séminaire. Que signifie "changer le monde ?" (2010-2012)

Fayard - Avril 2017


« Ce séminaire part d’un lieu commun : l’expression “changer le monde”, qui a largement enchanté les deux siècles précédents. Dans nos contrées dites “occidentales”, riches mais en crise, “démocratiques” mais rongées par le virus identitaire, l’expression “changer le monde” a un double statut. D’un côté, pour autant qu’elle a désigné un vouloir révolutionnaire, elle est tenue pour le nom périmé d’une utopie criminelle. D’un autre côté cependant, on nous enseigne qu’à tout instant le monde change à une vitesse extraordinaire, que nous sommes toujours en retard sur ce changement, et que d’incessantes “réformes” doivent plier les sujets à y consentir. On ne peut qu’en conclure que, dans cette affaire, “changer” est un verbe équivoque. Si tout change, y compris les acteurs, témoins et victimes dudit changement, rien ne peut attester le changement. Si en revanche il existe un repère fixe, un invariant relatif d’où prendre mesure du changement comme changement réel, quel est le statut de cet invariant ? Il faut reprendre entièrement la question du changement réel au-delà de l’antinomie rupture totale ou continuité d’une incessante innovation. Le problème est celui du lieu subjectif, d’où l’on peut concevoir, dans une subtile dynamique de l’immanence et du retrait, ce qu’est un changement orienté. » A. B.

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Collectif : Dire les inégalités. Représentations, figures, savoirs

PU Rennes - Avril 2017


Depuis les années 1980, un pan important de la recherche contemporaine et une part non moins significative des discours relayés ou construits par la littérature, l'art et les médias ont appréhendé l'injustice sociale à travers le prisme de la misère et de l'exclusion. Sans contester la pertinence de cette perspective, cet ouvrage s'efforce d'en élargir le spectre : plutôt que la seule catégorie de l'exclusion, c'est la notion d'inégalité qui permet ici d'interroger les manières de figurer le caractère juste ou injuste de l'ordre social pris dans son ensemble. Plutôt que la figuration de l'opprimé en tant qu'exclu du champ social, ce sont les représentations de l'écart, de la cohabitation, des misères de position, qui se trouvent au centre de la réflexion. L'ambition est ici de saisir et de questionner, dans l'écriture et la forme elles-mêmes, telle que celles-ci se déploient en philosophie, en littérature, en art et dans le champ des sciences humaines, la diction de l'inégalité et le répertoire des perceptions, émotions, sentiments, représentations, arguments et idéaux à travers lesquels elle se constitue comme injustice et comme violence.

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