vendredi 24 novembre 2017

Jean-Luc Chalumeau : Procès de l'art contemporain. Accusation & Défense

Uppr - Novembre 2017


Ancien responsable de la revue OPUS International, Jean-Luc Chalumeau dirige aujourd'hui la revue en ligne VERSO-HEBDO (sur www.visuelimage.com). Il a par ailleurs participé à de nombreuses instances telles que les FRAC (Fonds régionaux d'art contemporain) ou le Fonds National d'Art Contemporain, ce qui fait de lui un observateur privilégié de l'évolution de l'art dit « contemporain » sur lequel il a publié plusieurs livres traduits en huit langues. Volontiers polémiste, il dénonce certaines impostures, mais, admirateur de nombreux authentiques créateurs, il les défend avec conviction : ce procès, construit en deux temps (Accusation et Défense), est donc équilibré et donne au lecteur les éléments nécessaires pour se faire sa propre opinion. Un ouvrage majeur et indispensable pour toutes celles et ceux qui souhaitent affiner leur jugement et mieux comprendre les multiples problématiques qui se jouent dans l'art contemporain.

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Revue de philosophie économique 2017/1 (Vol. 18) : La question de l’autre en économie

Vrin - Novembre 2017


Page 3 à 11 : Ragip Ege, Herrade Igersheim - La question de l’autre en économie | Page 13 à 36 : Sergio Cremaschi - Adam Smith on Savages | Page 37 à 56 : Victor Bianchini - Inquiry into James Mill’s interpretation of Adam Smith’s love of praiseworthiness | Page 57 à 89 : Jérôme Lallement - Individu et société selon Walras | Page 91 à 115 : Patrick Mardellat - Devenir soi-même sous l’exigence de justice devant autrui. Levinas, la justice pour autrui et la critique des théories de la justice sociale | Page 117 à 139 : Sylvie Thoron - Au fondement de l’altruisme : le lien comme fin | Page 141 à 160 : Carl David Mildenberger - Economic Evil and the Other | Page 161 à 164 : Pierre Livet - Neuroéconomie, Daniel Serra | Page 165 à 172 : Jean Magnan de Bornier - Le Renversement de l’individualisme possessif - de Hobbes à l’État social, Pierre Crétois.

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Philippe Richard : Tomber de tout son corps. Philosophie de Bernanos

Hermann - Novembre 2017


Si la souffrance semble être l’existential majeur qui domine l’œuvre de Bernanos, c’est parce qu’elle permet la révélation d’une expérience fondamentale : l’homme habite le monde parce qu’il y tombe. Dans cette chaotisation de l’espace et du temps qu’est la chute se dit en effet la constitution même de l’être comme corps. Ainsi l’écrivain ne nous donne-t-il à voir l’écroulement que pour nous conduire aussi à le vivre comme dimension de l’être-là de ce que nous sommes – non pas en luttant contre lui, mais en nous laissant rouler en lui comme en une vague. Nul n’a son corps. Nul n’est son corps. C’est à se tenir à la frontière, ou à accepter de tomber sans trop immédiatement se relever, que la philosophie pourra donc sans doute repenser le sens de l’inhabitation du corps, voire de l’inhabitation de l’homme même par Dieu.

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jeudi 23 novembre 2017

Paul Henry Thiry baron d'Holbach : Essai sur l'art de ramper à l'usage des courtisans, suivi de Paradoxe du citoyen

Berg International éditeurs - Novembre 2017 - Collection : Dédales


Méprisé des philosophes et des dévots, le courtisan est rarement tenu en estime. Dans l'Essai sur l'art de ramper à l'usage des courtisans, Paul Henri Dietrich d'Holbach feint de défendre celui que l'on condamne a priori, celui dont on ne connaît ni la psychologie plurielle et fine, ni la portée des sacrifices. À ce mauvais procès, l'auteur oppose l'exposé d'un art méconnu qui mène à la parfaite maîtrise de soi, à la connaissance subtile des passions et des vices des puissants. Cet art qui nécessite une parfaite abnégation envers le prince qui incarne le corps politique, ne serait-il pas, au delà des apparences, le plus noble sacrifice pour le bien public ? Cet essai est suivi de Paradoxe sur le citoyen de Remy de Gourmont dont les réflexions dressent un constat quelque peu cynique : le citoyen fait preuve d'une totale abnégation sans raisons valables ; et c'est en cela qu'il est judicieux pour le lecteur de le comparer au courtisan. Le citoyen aurait comme qualités principales le dévouement, la résignation et la stupidité. C'est par une déconstruction des métaphores que sont la République comme mère et l'Etat comme père, que l'auteur va mettre au jour la supercherie du système dans lequel le citoyen, cet éternel débiteur, doit se sacrifier.

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Bertrand Vergely : Prier, une philosophie

Carnets Nord - Novembre 2017 - Collection : Une philosophie


« Prier, une philosophie ? Parlez-en à un philosophe. Il vous dira que quand on est philosophe, on ne prie pas. On philosophe. Parlez-en à un homme ou à une femme de prière. Ils vous diront que, quand on prie, on ne philosophe pas. On prie. En quoi ils ont raison et tort à la fois. »

Dans ce texte, Bertrand Vergely écrit au fil de sa pensée les réflexions que lui inspirent l’association de ces deux activités : philosopher, qui lui est quotidienne, et prier, une autre passion personnelle. Les deux lui sont donc essentielles, et elles ne sont pas incompatibles comme il va en faire la démonstration en parcourant le monde des philosophes (Socrate, Novalis, Ricoeur…) et celui de la prière, de toutes sortes de prières.

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Martin Heidegger : Le commencement de la philosophie occidentale. Interprétation d'Anaximandre et de Parménide

Gallimard - Novembre 2017 - Collection : Bibliothèque de philosophie


On sait l'importance de la réflexion sur les penseurs présocratiques dans la philosophie de Heidegger. Le cours traduit ici, datant de 1932, s'il n'est pas le premier à en faire mention, est le premier, en revanche, à les aborder sous l'angle du Commencement qui s'y joue. Cest ce motif du commencement qui oriente la lecture que Heidegger entreprend de la très courte et dense "parole d'Anaximandre" et des fragments qui nous sont parvenus du poème de Parménide d'Elée. Cette explication avec le commencement de la philosophie occidentale ne cessera plus, dès lors, d'accompagner le cheminement de la pensée de Heidegger. Elle constituera un second foyer de l'oeuvre heideggerienne, après Être et temps : la recherche d'un autre commencement.

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mardi 21 novembre 2017

Éric Mangin : La nuit de l’âme. L’intellect et ses actes chez Maître Eckhart

Vrin - Novembre 2017 - Études de philosophie médiévale


Fidèle à la tradition dominicaine, Maître Eckhart (1260-1328) accorde une grande importance à l’intellect aussi bien dans la connaissance de Dieu que pour la béatitude de l’homme. Cependant, il n’est pas possible d’envisager cette notion sans souligner l’existence d’une difficulté. Dans son élan pour atteindre la vérité, l’intellect fait l’expérience d’une certaine cécité, il ne parvient jamais parfaitement à ressaisir ce qui est là, caché dans le creux de son être. Loin d’être un obstacle, cette difficulté ne définit-elle pas la nature de notre pensée? Ce nouvel ouvrage se présente comme une enquête sur les actes de l’intellect à travers l’analyse des principaux verbes employés par le maître rhénan pour décrire ce qui se passe dans l’âme et l’épreuve qu’elle traverse. L’intellect ne doit-il pas consentir à ce qui se donne à lui sous le mode de l’inappropriable? Et la pensée devient alors une quête sans fin. « Dans la nuit, quand aucune créature ne brille ni ne jette un regard dans l’âme, dans le silence où rien ne parle à l’âme, la parole est prononcée dans l’intellect » (Sermon 70). L’expérience de la nuit est cette épreuve nécessaire qui permet à l’âme intellective de laisser résonner en elle une parole toujours inexprimée.

Éric Mangin, docteur en philosophie, docteur en théologie et sciences religieuses, est maître de conférences en philosophie antique et médiévale à l’Université catholique de Lyon.

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Odile Gilon et Christian Brouwer (éd.) : La liberté au Moyen Âge


Librairie Philosophique Vrin - Novembre 2017 - Annales de l'Institut de philosophie et de sciences morales


Peut-on parler de liberté au Moyen Âge?
Le sens de cette question ne peut se comprendre qu’à partir de l’institution de la liberté dans ses contextes historico-doctrinaux. Entre nature et volonté se dessine l’horizon médiéval de la liberté, dans un dialogue entre Augustin et Aristote, drainant avec lui l’idée emblématique d’impuissance de la volonté. L’émergence du concept de volonté chez Augustin est l’élément fondamental du réseau conceptuel qui conduira à l’idée d’auto-détermination chez Duns Scot : s’y rencontrent le liberum arbitrium, voluntas et potestas, akrasia et péché. Au cours d’une journée d’études tenue à l’Université libre de Bruxelles, des spécialistes de l’Antiquité et du Moyen Âge ont croisé leurs réflexions sur cette question. On en trouvera la teneur dans le présent volume.

Ont participé à ce volume : Isabelle Bochet, Olivier Boulnois, Christian Brouwer, Lambros Couloubaritsis, Sylvain Delcomminette, Odile Gilon, Bernd Goebel, Jean-Marc Goglin et Kristel Trego

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Gottfried Wilhelm Leibniz : Dialogues sur la morale et la religion

Vrin - Novembre 2017 - Bibliothèque des Textes Philosophiques – Poche


Ces dialogues sur la morale et la religion, dont Jean Baruzi n’avait édité qu’une partie sous le titre Trois dialogues mystiques inédits de Leibniz (1905), portent sur la piété ou amour de Dieu sur toutes choses. Cet amour consiste, selon Leibniz (1646-1716), dans la connaissance de la nature et de son divin auteur, ainsi que dans une action orientée vers le bonheur du genre humain. Écrits vers 1679, les dialogues sont un éloge de la raison et une exhortation à l’employer, dans le domaine théorique comme pratique, contre toutes les formes que peut prendre l’antiphilosophie (fidéisme, indifférentisme, scepticisme). La science doit être cultivée car elle est une célébration de Dieu autant qu’une oeuvre au service de l’homme. Leibniz la conçoit comme le fruit d’un travail collectif, inlassablement poursuivi, qui suppose une étroite collaboration entre les savants, leur respect commun de certains principes et l’appui des autorités politiques. Le lien essentiel entre progrès scientifique, félicité de l’homme et gloire de Dieu est particulièrement illustré par le Mémoire pour des personnes éclairées et de bonne intention(rédigé entre 1692 et 1695), publié en appendice.

Introduction, traduction et notes par Paul Rateau, maître de conférences à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

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lundi 20 novembre 2017

Hans-Jörg Rheinberger : Systèmes expérimentaux et choses épistémiques

Classiques Garnier - Octobre 2017 - Histoire et philosophie des sciences


Édition d'Arthur Lochmann

En quelques années, ce livre s'est imposé parmi les classiques de l'histoire des sciences. L'étude repose sur une description des dispositifs matériels que les scientifiques du xxe siècle appellent « systèmes expérimentaux ». À partir de ce concept, l’ouvrage établit une épistémologie de l'expérimentation moderne.


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Simone Weil : L’agonie d’une civilisation

Fata Morgana - Novembre 2017


Il ne peut y avoir d’ordre que là où le sentiment d’une autorité légitime permet d’obéir sans s’abaisser ; c’est peut-être là ce que les hommes d’oc nommaient Parage. S’ils avaient été vainqueurs, qui sait si le destin de l’Europe n’aurait pas été bien différent ? La noblesse aurait pu alors disparaître sans entraîner l’esprit chevaleresque dans son désastre, puisqu’en pays d’oc les artisans et les marchands y avaient part. Ainsi à notre époque encore nous souffrons tous et tous les jours des conséquences de cette défaite.
Rien qu’en regardant cette terre, et quand même on n’en connaîtrait pas le passé, on y voit la marque d’une blessure.
Au cœur de cette Agonie d’une civilisation vue à travers un poème épique, Simone Weil, se penche sur ces évènements qui contribuèrent à l’écrasement de la civilisation d’oc et en donne une lecture personnelle, mêlée de mysticisme et de réflexions philosophiques inédites qui portent en elles un caractère profondément politique et social que rien ne sépare de notre présent : «La terreur est une arme à un seul tranchant. Elle a toujours bien plus de prise sur ceux qui songent à conserver leur liberté et leur bonheur que sur ceux qui songent à détruire et à écraser ; l’imagination des premiers est bien plus vulnérable, et c’est pourquoi, la guerre étant, avant tout, affaire d’imagination, il y a presque toujours quelque chose de désespéré dans les luttes que livrent des hommes libres contre des agresseurs.»
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Gabriel Gauny : Le philosophe plébéien

La fabrique - Novembre 2017


Textes présentés par Jacques Rancière

Né à Paris en 1806, mort en 1889, Louis Gabriel Gauny était menuisier et philosophe. Ses écrits constituent un précieux témoignage de la condition ouvrière et des luttes pour l’émancipation à l’avènement du capitalisme industriel. Jacques Rancière, qui a dépouillé ses archives à Saint-Denis, restitue l’expérience au jour le jour de ce philosophe plébéien : « Il nous décrit, heure par heure, sa journée de travail. Et il n’y est pas question de la belle ouvrage des nostalgiques, pas non plus de la plus-value, mais de la réalité fondamentale du travail prolétaire : le temps volé. Et nous ressentons que nos mots – exploitation, conscience, révolte… – sont toujours à côté de l’expérience de cette vie “saccagée”. Il entreprend de se libérer : pour lui et pour les autres, car nos oppositions sont là aussi dérisoires : les “chaînes de l’esclavage” doivent être rompues par des individus déjà libérés. Il prend un travail de parqueteur à la tâche, où il se libère du maître tout en restant et en se sachant exploité : et il nous montre que nous, philosophes, n’avons rien compris aux rapports de l’illusion et du savoir, de la liberté et de la nécessité. […] À l’origine du discours de l’émancipation ouvrière, il y a le désir de ne plus être ouvrier : ne plus abîmer ses mains et son âme, mais aussi ne plus avoir à demander ouvrage ou salaire, à défendre des intérêts ; ne plus compter le jour, ne plus dormir la nuit… Celui-là a la force de vivre son rêve, sa contradiction : être ouvrier sans l’être. »

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dimanche 19 novembre 2017

Emmanuel Roux & Mathias Roux : Michéa, L’inactuel. Une Critique de la civilisation libérale

Le bord de l'eau - Novembre 2017


Jean-Claude Michéa est un philosophe désormais bien installé dans le paysage intellectuel français. Manifestant une forte filiation avec George Orwell, sa pensée est dédiée à la compréhension de notre époque qu’il estime entièrement modelée par le triomphe de la « civilisation libérale ».
Depuis vingt ans, il contribue à renouveler l’analyse des évolutions de la société contemporaine en mettant à jour les soubassements culturels du capitalisme. Par la remise en question des oppositions structurelles du débat politique (gauche/droite, progrès/réaction, tradition/mouvement, peuple/élites, etc.) Michéa s’attache aussi à dérégler nos boussoles traditionnelles et invite son lecteur à reconsidérer le sens des clivages jusqu’alors admis, seul moyen, à terme, d’envisager une alternative politique au capitalisme triomphant associé au culte de la croissance. Ses différentes positions lui ont valu d’être qualifié de « nouveau réactionnaire » et d’être enrôlé malgré lui par une droite intellectuelle dans la critique de l’antiracisme et de la postérité supposée délétère de mai 68. Ce livre montre qu’il s’agit pourtant d’une instrumentalisation qui ne résiste pas à une lecture attentive de son œuvre.
Ce faisant, il répond également à la question : « Pourquoi un penseur que tout classe à gauche est-il considéré comme de droite ? »

Emmanuel Roux, agrégé et Docteur en philosophie, est l’auteur de Machiavel, la vie libre (Raisons d'agir, 2013) et George Orwell, la politique de l'écrivain (Michalon, 2015).
Ancien élève de l’École Normale Supérieure de Lyon, Mathias Roux est agrégé de philosophie et auteur, entre autres, de Socrate en crampons, une introduction sportive à la philosophie (Flammarion, 2010) et S’estimer soi-même avec Descartes (Eyrolles, 2016).

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Michel Angot (éd.) : Mahābhāṣya de Patañjali. PaspaśᾹ

Les Belles Lettres - Novembre 2017 - Collection : Collection Indika


Le Mahābhāṣya (Grand Commentaire) est le nom donné vers le Ve siècle de notre ère par le philosophe et linguiste Bhartṛhari au commentaire grammatical rédigé anonymement quelque sept siècles auparavant sur la Grammaire de Pāṇini. Bhartṛhari l’attribue à une figure mythique : Patañjali était un grand Serpent. Dorénavant on parlera du « Mahābhāṣya de Patañjali ». Pendant quelque vingt siècles, le Mahābhāṣya sert de modèle au genre commentarial, lequel est le principal genre littéraire par lequel les brahmanes exposent philosophie, pensée, en général tous leurs savoirs.

La Paspāśā (Examen) constitue l’introduction du Mahābhāṣya. C’est la seule partie non technique de l’ouvrage, la seule qui puisse encore être lue aujourd’hui sans la connaissance technique de la grammaire de Pāṇini. « Patañjali » y expose sa conception du sanskrit, la langue de l’Ordre cosmique, dans un heureux mélange de linguistique, de philosophie, de logique et de mythologie. Le présent ouvrage est donc un des classiques de la langue et de la pensée des brahmanes, le socle de toute leur réflexion.

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Alexandre Viala : Le pessimisme est un humanisme. Schopenhauer et la raison juridique

Mare et Martin - Octobre 2017


Demeuré longtemps dans l’ombre de Hegel dont il est le contemporain, Arthur Schopenhauer ne bénéficiera que d’une gloire posthume et influencera, à la fin du XIXème siècle, des penseurs importants à l’instar de Nietzsche ou Freud. Son apport majeur, qui est loin d’être dérisoire, est d’avoir renversé la perspective à partir de laquelle la philosophie occidentale pensait jusqu’à présent l’individu. Considéré comme un être libre et doué de raison, voici que l’homme est regardé, avec Schopenhauer, comme l’otage de la Volonté, concept derrière lequel le philosophe allemand range notamment les passions et les émotions. En définissant la souffrance comme constitutive de l’essence de la vie et en affirmant la thèse révolutionnaire de l’assujettissement des fonctions intellectuelles aux fonctions affectives, Schopenhauer nous livre une vision irrationaliste du monde dont cet ouvrage tire parti pour revisiter la pensée juridique moderne. Le présent essai propose de voir dans le désenchantement éthique et moral qui caractérise le libéralisme politique et le positivisme juridique l’ombre portée du pessimisme schopenhauérien.

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samedi 18 novembre 2017

Thierry Simonelli : Lacan. La Théorie

Cerf - Novembre 2017 - Passages


Lacan a révolutionné la théorie et la pratique psychanalytiques par une approche dont le caractère expérimental n'a cessé de se heurter aux rigidifications de la pensée freudienne. Mais l'on sait aussi que Lacan lui-même n'a pas échappé, malgré ses mises en garde permanentes, à une telle momification de sa théorie. Aussi convient-il de soumettre cette pensée à une relecture systématique et critique qui permette d'en comprendre les articulations, d'en dégager les conséquences et d'en récuser, le cas échéant, les présupposés. Tout au long d'une relecture chronologique de la pensée de Lacan, l'auteur tente de circonscrire dans les textes mêmes le processus de dogmatisation de la théorie du signifiant, trop aisément attribuée à de mauvais disciples. Il montre comment la réflexion sur la pratique, qui caractérise la théorie psychanalytique, se métamorphose d'abord en une anthropologie apriorique pour finir comme conception du monde, doublée de positions éthiques et politiques problématiques. Critique du discours du maître, critique du discours de l'université, de la bureaucratie, de la philosophie, le discours de Lacan est lui-même un formidable instrument de pouvoir. Dans les coulisses de la non-maîtrise, du trou, de la castration et de la finitude, l'" au-moins-un " orchestre une maîtrise subtile et d'autant plus absolue que son lieu reste insaisissable.

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Maxime Chastaing : La compréhension d'autrui

Cerf - Novembre 2017


Maxime Chastaing s’étonne de l’embarras manifesté par les philosophes pour s’assurer de l’existence des autres : ne va-t-il pas de soi que nous coexistons depuis toujours avec nos semblables et que nous ne doutons pas de leur présence tant que nous ne spéculons pas ? Il s’agit dès lors de dénoncer avec énergie le faux problème philosophique de la connaissance d’autrui, tout en s’employant à rendre compte, grâce à la psychologie, des conditions de notre communauté d’existence.
Cette perspective proprement psycho-philosophique est déployée dès 1934, dans un travail inédit à ce jour, La compréhension d’autrui. Essai de psychologie descriptive.
Proche à cette époque de Gabriel Marcel et d’Emmanuel Mounier, après avoir été l’élève de Jean-Paul Sartre au lycée du Havre, Chastaing est un des premiers en France à discuter les thèses de la phénoménologie allemande, d’Edmund Husserl à Max Scheler. Il anticipe ce faisant sur la phénoménologie d’autrui que Sartre développera, non sans résoudre par avance des difficultés que ce dernier mettra du temps à apercevoir.


Maxime Chastaing (1913-1997) est une figure méconnue de la pensée française. Professeur de psychologie à l’université de Dijon à partir des années 1950, inspiré par Wittgenstein et la philosophie du langage ordinaire, lui-même inspirateur de la sociologie de Pierre Bourdieu, il est l’auteur d’une psycholinguistique, d’une doctrine des interactions sociales et d’une théorie de la littérature originales.


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Jean-Marc Rouvière : Au lieu d'être. Vers une métaphysique de l'ici

L'Harmattan - Novembre 2017


Chez les philosophes, le concept de temps prime assez largement sur celui d'espace. "Au lieu d'être" met en avant que l'espace a une influence décisive sur l'être même des choses. Nous distinguons alors « chose » et « objet ». Le second est fait des propriétés géométriques, physiques. . . contenues par la première. Mais en tant que présente au monde, toute « chose » est plus que l'« objet » qu'elle porte. Le verre (outil-pour-boire) en se déplaçant du placard vers la nappe bien qu'étant inchangé « objectivement » devient une autre « chose » (article-d'art-de-la-table). L'être de la « chose » est déterminé par son « ici », qui est tangence entre elle et un support (lui-même une « chose »). "Au lieu d'être" pose un (nouveau) principe métaphysique : « Autant d'ici autant de chose. »

Entretien avec l'auteur sur le site L'oeil de minerve

Jean-Marc Rouvière est l'auteur d'essais philosophiques ou théologiques dont récemment « L'Homme surpris, vers une phénoménologie de la morale » et « Adam ou l'innocence en personne, méditations sur l'homme sans péché ». Thibaud Zuppinger est docteur en philosophie, associé au centre de recherche CURAPP-ESS (CNRS) de l'université de Picardie Jules Verne. Il est fondateur et directeur de la revue électronique Implications Philosophiques. Il a publié en 2016 aux éditions Kimé « Agir en contexte, enquête sur les pratiques ordinaires de l'éthique ».

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vendredi 17 novembre 2017

Paul Valéry : Sur Nietzsche. Lettres et notes

La Coopérative - Novembre 2017


Comme tous les intellectuels de sa génération, Paul Valéry a découvert Nietzsche aux alentours de 1900, grâce aux traductions qui commençaient de paraître au Mercure de France. Pour répondre à la demande de plusieurs revues attendant de lui des articles sur les parutions récentes, Valéry lit à cette époque, crayon en main, les œuvres du philosophe allemand. Au cours de l’hiver 1908-1909, il prend une longue série de notes.
Ces notes inédites, qui ne se trouvent pas dans les célèbres Cahiers, forment le principal élément du dossier rassemblé par Michel Jarrety. Pour les compléter et les éclairer (Valéry ayant finalement renoncé à écrire les articles promis), cet ensemble est précédé d’une série de lettres (à André Gide, à Guy de Pourtalès, et à Henri Albert, premier traducteur de Nietzsche).
Confronté à une pensée forte qui, sur plusieurs points, rejoignait pourtant la sienne, Valéry exprime dans ces pages ses réticences, exerce sa faculté critique avec son acuité habituelle, et nous donne ici plus que jamais l’exemple de ce « lecteur exigeant » qu’il appelait de ses vœux pour sa propre œuvre.

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Pierre Dehez : Théorie des jeux

Economica - Septembre 2017


La théorie des jeux a pour objet la décision interactive. Elle est née dans les années 1940 avec le livre fondateur de John von Neumann et Oskar Morgenstern Theory of games and economic behavior. Cet ouvrage est une introduction, écrite de manière à être accessible à un large public, au-delà de l'économie. Il s'adresse aussi aux étudiants en science politique et en droit, et de manière plus générale, à l'ensemble des étudiants en sciences sociales. À cette fin, l'usage de l'outil mathématique y est volontairement limité et certains développements conceptuels difficiles ne sont pas couverts, comme l'information incomplète ou l'utilité non transférable. Le texte suit un chemin allant du non coopératif au coopératif. Une de ses originalités est de faire la part belle aux jeux coopératifs et à leurs applications normatives.

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Francois Dermange : L'éthique de Calvin

Labor et Fides - Novembre 2017


Calvin doit-il être vu comme le père de la démocratie ou de la théocratie, celui du capitalisme ou de la justice sociale, le défenseur de la grâce ou d’une théologie des œuvres ? Cet ouvrage a la volonté de faire le point en restituant l’éthique du Réformateur dans sa matrice théologique. On s’aperçoit alors que Calvin ne défend pas une éthique mais trois, selon qu’on la regarde du point de vue du Créateur, du Christ ou de l’Esprit saint. Se trouvent alors levées bien des apories apparentes et dégagé un rapport au sens de l’existence, à l’économie et au politique qui fait voir le Réformateur sous un jour nouveau.

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jeudi 16 novembre 2017

Léon Tolstoï : Le refus d'obéissance. Ecrits sur la révolution

L'Echappée - Novembre 2017 - Collection : Le Pas de côté


En 1905, alors que le régime tsariste se désagrège et que les soulèvements se multiplient en Russie, la voix de Léon Tolstoï s’élève au-dessus de la mêlée. Ce chrétien excommunié, constamment en butte à la censure, ne s’en prend pas seulement à l’autocratie ; il critique aussi les desseins des révolutionnaires, libéraux ou socialistes. Il accuse les meneurs urbains de tromper le peuple, de conduire les masses paysannes dans une impasse : celle de la modernisation du pays, de son industrialisation et de son occidentalisation rampante. Peu importe la forme du gouvernement, qu’il s’agisse d’une monarchie absolue ou d’une république sociale-démocrate : puisque celui-ci est fondé sur la violence et l’oppression, il doit être combattu en tant que tel. Dans la lignée de Thoreau et de La Boétie, Tolstoï appelle à l’insoumission.
Le pouvoir d’une minorité reposant sur la servitude volontaire de chacun, il s’agit de refuser d’obéir, de ne plus participer à un régime tyrannique quel qu’il soit. L’affranchissement des travailleurs ne pourra venir que d’eux-mêmes, quand ils décideront de ne plus servir les puissants, quand ils opteront pour le perfectionnement moral, l’entraide et la vie des champs, enracinés sur un sol soustrait à la propriété foncière. La terre et la liberté, l’autodétermination des paysans dans les communes rurales : tel est l’horizon que défend l’anarchiste russe.

Léon Tolstoï (1828-1910), reconnu comme un géant de la littérature, auteur de Guerre et paix et Anna Karénine, a passé les trente dernières années de sa vie à diffuser des écrits politiques et philosophiques constamment censurés par le pouvoir tsariste.

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Jean Quillien : L'image de Humboldt dans la postérité

Eyrolles - Novembre 2017 - Collection : Opuscules


Wilhelm von Humboldt a hautement retenu l’attention de grands noms de la philosophie, tels que Cassirer et Heidegger, comme de la linguistique, tels que Chomsky et Whorf, offrant ainsi un contraste saisissant avec la méconnaissance dont, de manière assez générale, il a été l’objet. La mise au clair de cette curieuse situation conduit à projeter de lui une image aux multiples facettes, entendue ici comme une voie d’accès royale à l’ensemble de son ½uvre tout entière consacrée à l'élucidation de la question : qu'est-ce que l'homme ?

Jean Quillien. Professeur émérite de philosophie à l'Université Charles de Gaulle-Lille 3. Ancien Vice-président de l'Université chargé de la recherche et des publications. Ancien directeur du Centre de recherches Eric Weil et de l'Association "Les Amis d'Eric Weil".

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Helmuth Plessner : Les degrés de l'organique et l'Homme. Introduction à l'anthropologie philosophique

Gallimard - Novembre 2017 - Collection : Bibliothèque de philosophie


Helmuth Plessner (1892-1985) est l'un des fondateurs d'un courant de la pensée allemande encore peu connu en France, l'anthropologie philosophique. Ce mouvement, né dans les années 1920 et illustré par des auteurs comme Max Scheler ou Arnold Gehlen, se propose d'établir le propre de l'homme en le fondant sur une philosophie de la vie. Les Degrés de l'organique et l'Homme, paru en 1928, est l'une de ses expressions majeures. L'ouvrage s'efforce d'identifier la caractéristique essentielle d'un organisme et de rendre intelligible les niveaux d'organisation qu'il est susceptible d'atteindre. Le concept de "positionnalité" permet de mettre en lumière les trois degrés d'activité par rapport au milieu qui correspondent à la plante, à l'animal et à l'homme. Dans cette perspective, le propre de l'homme apparaît tenir à son "excentricité", c'est-à-dire à la façon de faire advenir l'existence d'un "je" capable de tout objectiver sans être lui-même objectivable.

Pierre Osmo : Traduction

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mercredi 15 novembre 2017

Thomas d' Aquin : Commentaire du Traité de l'Interprétation d'Aristote

Les Belles Lettres - Novembre 2017 - Collection : Sagesses médiévales


Le Peryermeneias ou De l'interprétation est le deuxième traité de l’Organon d’Aristote. Ce texte a presque vingt-quatre siècles et le commentaire qu’en fit Thomas d’Aquin à Paris date de 1270. Mais comme Œuvres philosophiques ces deux ouvrages dépassent les limites de leurs époques respectives et atteignent l’universel.Fondateur de la logique, Aristote expose dans son traité la nature et les propriétés de l’énonciation, seul discours apte à dire la vérité. Mais le texte qui nous est parvenu est difficile. C’est pourquoi saint Thomas analyse précisément la lettre du philosophe grec selon une méthode nouvelle pour son époque. Il fait ensuite le point sur certains des commentaires antérieurs au sien, en les dégageant parfois de leurs influences néoplatoniciennes ou arabes par une critique interne à la pensée du Stagirite. Il développe enfin de façon originale nombre de thèmes fondamentaux: vérité de la pensée et de la parole, rôle des mots par rapport aux idées et aux choses, règles logiques pour lever les ambiguïtés du langage, déterminisme et liberté de l’homme face au futur… etc. La pensée contemporaine, riche des apports de disciplines variées, présente souvent sur tous ces thèmes des vues éclatées en savoirs hétérogènes: grammaire, linguistique, psychologie cognitive, logique formelle, épistémologie… L’originalité de la méthode philosophique et donc du Commentaire du Peryermeneias est de nourrir une réflexion qui permet d’accéder au réel dans son unité et donc de jeter une lumière de sagesse sur les interrogations de tous nos savoirs spécialisés.

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François-Xavier Putallaz : Le Mal

Cerf - Novembre 2017


Comment parler du mal ? Comment dire l’innommable ?
Le mal bouleverse nos vies. C’est un fait. Tristesse, douleur ou souffrance font irruption dans chaque existence, avant même qu’on y pense. Mais ses formes les plus variées ont un point commun : le mal n’est pas quelque chose. Il se présente comme une fracture au sein de ce qui est : un parasite n’existant que par le bien qu’il ronge.
Le bien jouit donc d’une primauté absolue, qui nourrit l’espérance : il sera toujours plus fort. L’expérience du malheur témoigne en creux que nous sommes faits pour être heureux.
L’intelligence qui cherche à s’approcher de la question s’efforce ainsi de distinguer, sans les séparer, le mal lui-même et sa résonance subjective. L’entreprise est redoutable, car en ayant le sentiment de faire le bien, l’homme provoque parfois des horreurs, où le mal s’immisce sous couvert de l’amour.

François-Xavier Putallaz enseigne la philosophie à l’université de Fribourg. Il est membre de la Commission nationale d’éthique et du Comité international de bioéthique de l’UNESCO.

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Aurélie Mure : La question de la mort dans la philosophie de Schopenhauer

Dharma - Novembre 2017


De toutes les formes de vie sur Terre c'est sans conteste la vie humaine qui est la plus douloureuse, la plus misérable. L'homme paie au prix fort son privilège de la conscience. Toute grandeur a ses dépendances, toute exception ses misères. De cette analyse de l'impossibilité de la satisfaction il ressort qu'à la limite tout contentement serait interdit à l'homme comme si les aliments, une fois en bouche, perdaient leurs saveurs, devenaient insipides. Ce jeu sempiternel entre souffrance et ennui, sans réelle alternative pour celui qui éprouve seulement la règle des apparences, en vaut-il la chandelle ?
Avec son analyse SCHOPENHAUER retrouve l'enseignement du Bouddha, dans son " Sermon de Bénarès " :
1. Toute vie est souffrance.
2. L'origine de la vie et de la souffrance est le désir.
3. L'abolition du désir entraîne l'abolition de la souffrance.
Dès lors, de deux choses l'une : soit nous continuons instant après instant à nourrir les supplices rémanents issus du désir soit nous choisissons de tirer notre révérence au monde ordinaire. Devrions nous comprendre trop rapidement que Schopenhauer nous encourage à ne plus vivre, à nous suicider puisque la vie n'est que souffrance et la mort insignifiante ? Ou bien ne s'agirait-il pas d'une invitation à trouver le trésor caché par cette existence ?
C'est à partir de la question de la mort (ce qu'elle est, ce qu'elle représente à nos yeux) que nous découvrirons que Schopenhauer tente de formuler une sotériologie, un art de vivre proposant un salut (inspiré, pour la première fois dans l'histoire de la philosophie, de la religion bouddhique), une eschatologie susceptible de faire le pendant à ce que la raison permet de constater : la nature désespérément tragique du réel immédiat. Schopenhauer est un pessimiste de conviction et de raison, c'est pourquoi il est un optimisme d'aspiration et de volonté, si l'on peut utiliser un mot tout autant explosif que maudit sous sa plume.

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mardi 14 novembre 2017

Pierre Caye : Comme un nouvel atlas. D'un état meilleur que la puissance

Les Belles Lettres - Novembre 2017 - Collection : L'Âne d'or


Notre siècle se place sous le signe de la fin des totalités, de la dissémination, de la réalité atomisée, des multiplicités pures. Autrement dit, l’être prend congé de l’un. 
Mais il est aisé de constater que la domination n’a pas pris fin pour autant. La multiplicité à son tour impose son règne, qui a pour nom mondialisation. Ce n’est donc pas le multiple qui nous libère, mais au contraire l’un, si du moins celui-ci se libère de l’être comme l’être s’est libéré de l’un : une unité qui ne conduit donc pas nécessairement à l’unitotalité. 
À cette fin, Comme un nouvel Atlas noue le dialogue entre les trois grands philosophes (Plotin, Proclus, Damascius) du néoplatonisme, qui seul, dans l’histoire de la philosophie, a osé penser la différence radicale de l’un par rapport à l’être. Dans cette perspective, l’un apparaît comme une philosophie de la liberté, susceptible de répondre au primat actuel du monde sensible et du devenir autant et mieux qu’aux formes intelligibles et aux idées éternelles de la cosmologie antique à laquelle cette pensée originellement se rattache. 
Se définit alors un principe, qui tient et maintient le monde sans pour autant le déterminer et moins encore le dominer : un principe meilleur que la puissance. (2016-12-21)

Pierre Caye, ancien élève de l’École Normale supérieure, directeur de recherche au CNRS, a consacré une part importante de ses recherches aux sources antiques de notre culture philosophique, artistique et politique. Il est aussi l’auteur de Critique de la destruction créatrice (Les Belles Lettres, 2015) dont le Nouvel Atlas donne les clefs métaphysiques.

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Jean-Louis Poirier (éd.) : Bibliothèque idéale des philosophes antiques. De Pythagore à Boèce

Les Belles Lettres - Novembre 2017


« Paradis de l’esprit humain », selon le mot de Hegel, la pensée antique ne cesse de nous apprendre à philosopher. 
Ce livre devrait donner une idée de ce qu’aucun livre, aucune bibliothèque ne peuvent enfermer ! Et d’abord la beauté même, et la grandeur d’un classicisme libre : ce miracle qui affleure dans tant de pages de Platon ou de Cicéron, dans l’énergie de Lucrèce, dans la lucidité de Sénèque.
Mais une bibliothèque idéale des philosophes antiques ne pouvait pas non plus laisser de côté cette autre façon quelque peu décalée dont la philosophie antique elle-même se met en question, en se réfléchissant ou en s’ouvrant au monde oriental : on lira, on découvrira, Plutarque, Porphyre, Origène, Philon, Hermès Trismégiste et tant d’autres joyaux de l’esprit humain d’une actualité constante et d’une profondeur qui ne cesse de donner à penser. (2016-12-21)

Jean-Louis Poirier est philosophe et spécialiste de l’Antiquité, collaborateur de l’édition des Présocratiques et des Épicuriens à la Bibliothèque de la Pléiade, auteur de nombreux articles et d’ouvrages publiés aux Belles Lettres.

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Saverio Ansaldi : Fureurs et mélancolie. Philosophie, théologie et poésie à la Renaissance

ENS Editions - Novembre 2017 - La croisée des chemins


Que signifie s'interroger sur des modes de vie qui dépassent l’ordinaire ? Quelles sont les formes d’affirmation d’une puissance humaine excessive et démesurée ? La fureur et la mélancolie peuvent-elles représenter le modèle anthropologique de cette puissance ? Cet ouvrage se penche sur ces questions en étudiant les auteurs majeurs de la Renaissance qui ont mis la fureur et la mélancolie au centre de leur philosophie, à commencer par Marsile Ficin, Pic de la Mirandole, Léon l’Hébreu et Giordano Bruno. Il apparaît ainsi que tout en étant liées par une relation constitutive, la fureur et la mélancolie n’en suivent pas moins des lignes de développement propres, faisant état d’une relative autonomie l’une à l’égard de l’autre. Sans l’excès ou la démesure exprimés par une puissance furieuse, il n’existe pas d’actes ou des paroles proprement « créatrices », puisque tout acte de création implique une transformation profonde des règles habituelles – soient-elles éthiques, politiques ou esthétiques.

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