lundi 24 avril 2017

Rudolf Carnap : L’Espace. Une contribution à la théorie de la science

Gallimard - Avril 2017 - Bibliothèque de philosophie


Au moment où Carnap fait paraître L'Espace, en 1922, les mathématiques du XIXe siècle ont si profondément transformé la géométrie héritée d'Euclide et de Descartes que les questions soulevées par le concept d'espace sont multiples et âprement discutées : de quel genre d'objets est-il question en géométrie ? Quelles sont les sources de notre connaissance de l'espace ? Dans le même temps, la physique fait elle aussi surgir de nouvelles interrogations. La théorie de la relativité générale d'Einstein révolutionne en effet les conceptions usuelles des relations entre géométrie et expérience. Aussi n'est-il pas étonnant que le jeune Carnap, à l'issue de ses études de philosophie, de mathématiques et de physique à l'université d'Iéna, choisisse de contribuer à la "théorie de la science" par une thèse sur l'espace dans ses multiples significations. Cette oeuvre de jeunesse nous fait découvrir une première philosophie des sciences de Carnap, avant que, sous l'influence de la lecture du Tractatus de Wittgenstein, l'analyse logique du langage ne devienne sa méthode philosophique de prédilection. Il y a loin de cette réflexion empreinte de néokantisme et marquée par la pensée de Husserl au Carnap empiriste logique, membre du Cercle de Vienne, de La Construction logique du monde (1928) et de La Syntaxe logique du langage (1934). Mais son approche du problème de l'espace reste d'une étonnante pénétration philosophique.

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Emilie Dardenne (dir.) : Peter Singer et La libération animale. Quarante ans plus tard

PU Rennes - Avril 2017 - Collection : Essais


Dans son ouvrage La libération animale, Peter Singer développe trois grandes idées : le principe d'égale considération des intérêts, le rejet du spécisme, et la nécessité de mettre un terme à certains types d'exploitation des animaux, notamment ceux qui ont trait à la recherche et l'élevage industriel. Cette uvre phare a connu un retentissement immense, à tel point que sa publication, en 1975, a été présentée comme le moment clef dans l'émergence du mouvement éponyme. Cependant, le mouvement de libération animale ne saurait se réduire à la seule pensée singerienne. Ce mouvement extrêmement protéiforme a fait l'objet de débats intenses à l'interne, entre les défenseurs des animaux eux-mêmes qui privilégient des approches diverses, comme à l'externe, entre ceux qui défendent le statu quo ou contestent les arguments animalistes. L'objet de ce recueil est de revenir sur le lien entre le mouvement de libération animale et les théories de Peter Singer qui, à tort ou à raison, en est perçu comme le père fondateur. Comment l'éthique animale de l'auteur a-t-elle été accueillie depuis la publication de La libération animale, et comment a-t-elle évolué ? Quelle place la doctrine utilitariste occupe-t-elle dans le travail de Singer et dans les débats qu'il a engendrés ?

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Collectif : La valeur de l'émotion musicale

PU Rennes - Avril 2017 - Collection : Aesthetica


Au sein des recherches actuelles sur l'émotion musicale, ce livre possède une approche originale: il ne s'agit pas tant de décrire la nature, les opérations et les fonctions de cette émotion, que de s'interroger sur les enjeux conceptuels, culturels, sociaux et artistiques de sa valorisation ou de sa dévalorisation. Autour de ce souci axiologique, il s'agit donc d'articuler des perspectives anthropologiques, esthétiques, historiques et pragmatiques afin de poser la question : au nom de quoi, en vue de quoi et dans quels moments de la musique occidentale, les acteurs impliqués par son exercice et sa compréhension revendiquent-ils ou refusent-ils l'émotion ? Dans la mesure où cette question engage les propriétés de la création, de l'exécution et de l'expérience musicale individuelle et collective, l'ouvrage tente de déterminer les points de vue multiples (religieux, philosophique, éthique, politique, esthétique et artistique) à partir desquels sont posées la valorisation ou la dévalorisation de l'émotion, tant dans les discours que dans les pratiques. Appréhender historiquement et conceptuellement la relation entre musique et émotion ; étudier certaines époques qui ont posé les termes du débat de façon cruciale ; explorer les dispositifs, les pratiques et les rôles joués par le compositeur, l'interprète et l'auditeur ; saisir le rapport que tel et tel type de musique ou genre musical (opéra, rock, jazz) entretient avec l'émotion, telles sont les quatre finalités de cet ouvrage.

Pierre-Henry Frangne est professeur de philosophie de l'art, Hervé Lacombe est professeur de musicologie, Timothée Picard est professeur de littérature comparée, tous les trois à l'université Rennes 2. Marianne Massin est professeur de philosophie de l'art à l'université Panthéon-Sorbonne.

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mercredi 19 avril 2017

Sophie Nordmann : Levinas et la philosophie judéo-allemande

Vrin - Mars 2017 - Bibliothèque d'histoire de la philosophie


En explorant les sources judéo-allemandes de l'oeuvre d'Emmanuel Levinas, Sophie Nordmann met en évidence un motif récurrent chez les grandes figures de la philosophie juive contemporaine que sont Hermann Cohen, Franz Rosenzweig, Martin Buber, Gershom Scholem et Emmanuel Levinas lui-même. Pour chacun d'eux, elle montre que c'est par le recours aux sources juives qu'ils sortent de l'impasse philosophique dans laquelle ils sont pris – celle de la contradiction interne à l'éthique pour Cohen, celle du présupposé du "Tout pensable" pour Rosenzweig, celle de l'hégémonie du Cela pour Buber, celle de la conception linéaire de l'histoire pour Scholem, celle de l'enfermement dans l'être pour Levinas – et donnent corps à un projet philosophique inédit. En retour, les interprétations philosophiques qu'ils nous livrent éclairent la richesse de la tradition juive sous de multiples aspects : le monothéisme chez Cohen, le judaïsme biblique chez Rosenzweig, le hassidisme chez Buber, la Kabbale chez Scholem, le Talmud chez Levinas. Cet ouvrage enrichit et renouvelle l'interprétation de ces auteurs, en dégageant le rôle moteur que joue, chez chacun d'eux, la référence aux sources juives. Il contribue ainsi à une réflexion plus générale sur les implications d'un recours philosophique à des sources religieuses, ici celles du judaïsme.

Sophie Nordmann enseigne la philosophie à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes et est membre du Groupe Sociétés Religions Laïcités (GSRL, UMR 8582). Ses travaux portent sur l'histoire de la philosophie juive moderne et contemporaine.

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Pierre Musso : La Religion industrielle. Monastère, manufacture, usine. Une généalogie de l'entreprise

Fayard  - Avril 2017


L’industrie est une vision du monde et pas seulement un phénomène historique. Avant d’être machinisme, elle est une grande machinerie intellectuelle. Nous vivons et nous croyons dans les « Révolutions industrielles » qui se multiplient depuis deux siècles.
Cet ouvrage porte un regard anthropologique et philosophique de l’Occident sur lui-même. Cet Occidental selfie met au jour sa puissante religion industrielle, jamais vue comme telle.
L’industrie absorbe tout. Elle fait tenir l’architecture culturelle de l’Occident. Car l’Occident a bien une religion. Il ne s’est produit aucune « sécularisation ». La religion ne peut disparaître : elle se métamorphose. Avec la « Révolution industrielle », un « nouveau christianisme » technoscientifique a été formulé.
Cet ouvrage donne à voir la naissance, dans la matrice chrétienne, d’une religion rationnelle qui est désormais notre croyance universelle. L’esprit industriel s’est emparé du plus grand mystère de l’Occident chrétien, celui de l’Incarnation, et l’a inscrit dans divers grands Corps pour transformer le monde : ceux du Christ, de la Nature, de l’Humanité et de l’Ordinateur.
Pierre Musso explore la généalogie de la religion industrielle et met en évidence trois bifurcations majeures institutionnalisées dans le monastère (xie-xiiie siècles), la manufacture (xviie-xviiie) puis l’usine (xixe), avant de constituer l’entreprise (xxe-xxie). Son élaboration s’est accomplie sur huit siècles pour atteindre son apogée avec la « Révolution managériale », la cybernétique et la numérisation.

Pierre Musso, philosophe de formation, professeur émérite de sciences de l'information et de la communication à l'Université Rennes 2 et à Télécom Paris Tech, a créé la chaire de recherches "Modélisations imaginaires, innovation et création". Il est fellow associé et conseiller scientifique de l'Institut d'Etudes avancées de Nantes. Il est l'auteur de nombreux ouvrages, notamment sur Saint-Simon, la philosophie des réseaux et l'imaginaire industriel. Il a codirigé l'Edition critique des Oeuvres complètes d'Henri Saint-Simon, publiée aux PUF, coll. "Quadrige", 2013.

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mardi 18 avril 2017

Reza Rokoee : L'Iran autrement. Des conflits philosophiques à l'iconophobie

Editions L'Harmattan - Avril 2017 - Collection : L'Iran en transition


La brève histoire de la philosophie moderne en Iran exposée dans cet ouvrage se présente comme un préambule à la connaissance des hommes de lettres iraniens et à leur pensée dans une société tissée de paradoxes. L'herméneutique est sans doute l'un des exemples les plus significatifs de la modernisation théorique en cours en Iran. Après avoir acquis une nouvelle forme de langage, dépourvue de fondements, et créé une conception qui permet de travestir la réalité du monde, elle s'est substituée à son image classique pour devenir une manière de camoufler la décadence de la pensée traditionnelle. De même, l'iconoclasme, phénomène qui touche la conscience visuelle de la société iranienne, représente un autre exemple de ce paradoxe originel, à double tranchant, d'une vision qui ne parvient pas à identifier son trait ontologique et à déterminer l'éducation de la vue. Ainsi le sacré ne supporte pas de se voir et de percevoir l'autre comme sacré, car une conscience séculaire qui n'a pas accès à la vision demeure dans le domaine de la divinité obscurantiste moderne. 

Reza ROKOEE, après avoir fait des études philosophiques à I'EHESS (2008), s'intéresse aujourd'hui à la lecture phénoménologique de la philosophie médiévale et moderne. Il mène une étude parallèle sur le cas précis de l'Iran afin de mieux illustrer un certain nombre de problématiques. Il a déjà publié Le rêve et l'éveil dans les écrits de Husserl (L'Harmattan, 2013) et L'attitude phénoménologique comparée : de Husserl à Avicenne (L'Harmattan, 2015).

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vendredi 14 avril 2017

Paul Ricoeur : Philosophie, éthique et politique. Entretiens et dialogues

Le Seuil - Avril 2017 - Collection : La couleur des idées


On retrouve dans ces entretiens, réalisés entre 1981 et 2003, les grands thèmes ricœuriens : « l’homme capable », la justice et ses conflits, l’action éthique et politique dans la Cité humaine, le sens de la guerre, la force du compromis, la question du mal, les nouvelles questions politiques et morales (l’écologie, la bioéthique). Une curiosité : l’entretien entre Paul Ricœur et Michel Rocard quand il était Premier ministre. Il s’agit de questions toujours actuelles, qui se posent et se reposent en permanence dans nos démocraties mal portantes. La méthode fait ici partie du contenu : presque toujours sont noués un contexte politique (la fin des idéologies et la séduction des solutions purement techniques), la mise en avant d’institutions (qui inscrivent les questions dans la durée), l’imagination ou l’utopie d’un avenir meilleur.
Comme le dit Michaël Fœssel, Paul Ricœur, éducateur politique, ne cesse de rappeler à tous « la pression constante que la morale de conviction exerce sur la morale de responsabilité ». En ce temps de basses eaux démocratiques et d’expansion des populismes, ce rappel des principes de l’action politique et de leurs raisons n’est pas seulement utile : il est absolument nécessaire.

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Jonathan Israel : Une révolution des esprits. Les Lumières radicales et les origines intellectuelles de la démocratie moderne

Agone - Avril 2017 - Collection : Banc d'essais


1770. Depuis un siècle, deux camps s’affrontent au sein des Lumières. Héritiers de Locke, Leibniz, Montesquieu, les modérés dominent. Sous la houlette du vieux Voltaire, ils s’efforcent de maintenir le corps et l’âme séparés, de concilier raison et religion, de réformer la société en préservant l’aristocratie et la monarchie, et de réserver les lumières aux élites dirigeantes. Face à eux, les radicaux, héritiers de Bayle et Spinoza, n’ont pas de meilleure arme que leurs livres clandestins, massivement diffusés dans toute l’Europe. Sous l’impulsion de Diderot et de d’Holbach, ils placent l’homme au sein d’une nature sans transcendance, opposent la raison à toute autorité religieuse, combattent pour l’abolition des privilèges, pour l’égalité des peuples et des sexes, et inclinent vers une démocratie représentative.
1770 : les radicaux prennent le dessus. S’opère alors, en deux décennies, une révolution des esprits qui va rendre possible dès 1789 la révolution en acte. Ce livre offre un panorama clair et vivant des affrontements entre radicaux et modérés sur la plupart des grandes questions philosophiques, morales, économiques, politiques en ce moment charnière.

Depuis quinze ans, les travaux de Jonathan Israel bousculent les idées dominantes sur les Lumières. Il en réordonne les cadres spatio-temporels : résolument internationales, ses Lumières commencent en 1650 en Hollande, puis s’étendent à toute l’Europe et à l’Amérique pour devenir mondiales vers 1770. Plaçant au cœur de l’histoire des idées la reconstitution des controverses, il fait apparaître les stratégies intellectuelles, les alliances, les divorces et leurs enjeux. Il redonne ainsi une nouvelle jeunesse à l’idée que les révolutions politiques de la fin du XVIIIe siècle n’ont pu avoir lieu que parce qu’elles ont été précédées par une « révolution de l’esprit » opérée par des philosophes.
Ce livre est issu d’un cycle de conférences (2008) dans lesquelles l’auteur, se tournant vers un large public, a condensé l’essentiel de ses idées.

Professeur au prestigieux Institute for Advanced Study à Princeton (États-Unis), Jonathan Israel est notamment l’auteur d’une monumentale tétralogie sur les lumières radicales, dont le premier tome a paru aux éditions Amsterdam en 2005.

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Nicolas de Cues : La Chasse de la sagesse. Et autres œuvres de philosophie tardive

Les Belles Lettres - Avril 2017 - Collection : Sagesses médiévales


Nicolas de Cues (1401-1464) marqua de son empreinte la pensée européenne, de la Renaissance à l'époque moderne. 

Lecteur assidu de la tradition philosophique de l'Antiquité et du Moyen Âge, curieux de science, de médecine et des arts, Nicolas de Cues rédigea notamment La Docte Ignorance, Les Conjectures, La Pensée, La Paix de la foi et La Vision de Dieu. 

On trouvera ici un ensemble cohérent et très largement annoté de textes de la philosophie tardive du Cusain : Le Dialogue à trois sur le Pouvoir-est, La Chasse de la sagesse, Le Compendium et La Cime de la contemplation.

Avec l'invention du néologisme pouvoir-est, Nicolas de Cues développe une philosophie du pouvoir et de la puissance qui lui permet de résoudre, tant d un point de vue ontologique que gnoséologique, les difficultés nées de ses thèses infinitistes antérieures. Il cherche à éviter l'aporie aristotélicienne entre l'infinité du possible, requise par la toute puissance de Dieu, et l'actualité finie de la création. La puissance divine se révèle successivement comme pouvoir-est, pouvoir-faire et pouvoir-même. Nicolas de Cues initie ainsi une métaphysique de l'expression qui trouve son plein essor chez Giordano Bruno qui le copie abondamment, puis chez Spinoza et Leibniz. 

Rédigée à la lecture de Diogène Laërce, La Chasse de la sagesse, véritable testament philosophique, permet en outre de ressaisir l'ensemble des principales intentions du Cusain : sa conception augustinienne de la philosophie comme recherche et théorie de l'unité, sa doctrine de la participation à l'un, le dernier développement de son principe de la coïncidence des opposés, un dernier infléchissement de sa pensée de l intellect, et sa compréhension de la nomination.

Né à Cues en Moselle, Nicolas Krebs, dit Nicolas de Cues, fut évêque, puis cardinal. Son oeuvre est d'une importance telle que Descartes le cite comme un des précurseurs de la pensée scientifique moderne. Juriste, philosophe, théologien, mathématicien, diplomate, il s est illustré dans bien des disciplines. Après avoir écrit la Concordance catholique (1433-1434), où il s efforçait de donner des objectifs précis au concile de Bâle auquel il participait, Nicolas de Cues a écrit un ouvrage capital, La Docte Ignorance (1440), dans lequel il montre que le savoir humain est marqué par une limite constitutive qui doit devenir de plus en plus évidente avec l'avancée des connaissances : le sommet de la connaissance humaine est un savoir conscient de son ignorance, que ce soit en métaphysique, en philosophie de la nature, en mathématiques ou en théologie.

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jeudi 13 avril 2017

Collectif : Qu'est-ce que la science… pour vous ? 50 scientifiques et philosophes répondent

Materiologiques - Mars 2017


« Qu’est-ce que la science… pour vous ? »
Telle est la question posée ici à des scientifiques, des philosophes, des historiens des sciences, des médiateurs et amateurs de sciences.
Simple question certes, mais pas une question simple… Où est la vraie difficulté ? Définir la science ou accepter de se confier, loin du surplomb procuré par les piédestaux académiques ? C’est pourquoi les 50 auteurs de ce tome 1 apportent des réponses variées, contrastées, éclectiques, que l’on peut décrire selon un gradient allant des textes les plus intimes et personnels à ceux qui observent scrupuleusement les codes de la prose universitaire. C’est qu’il n’est pas aisé de se dévoiler quand on aborde cette question essentielle, laquelle permet de délimiter un domaine majeur de la connaissance, aussi vaste et varié soit-il.
Les réponses sont brèves – quelques pages – afin de condenser ce que les auteurs pensent parfois depuis des décennies. La concision demandée est presque à voir comme une contrainte oulipienne. Ainsi, les lecteurs peuvent lire une quintessence de points de vue, un instantané de pensée, la part sensible, parfois, des membres de cet informel aréopage.
Marc Silberstein. Introduction. Vous avez dit « science(s) » ? (page 3)
Jean Audouze (astrophysicien, CNRS). La science, ses progrès et ses piétinements (page 11)
Arnaud Banos (géographe, Géographie-cités). Ma progressive découverte de la science (page 17)
Adrien Barton (philosophe, Université de Sherbrooke). L’ontologie est-elle une science ? (page 21)
Edouard Brézin (physicien, École normale supérieure). Qu’est-ce que la science pour moi (page 27)
Gérald Bronner (sociologue, Université de Paris-Diderot). Désincarcérer la rationalité (page 33)
Mario Bunge (philosophe des sciences, McGill University). Sciences et philosophie, un dialogue (page 39)
Fabrice Cahen (historien, Ined). L’« instinct scientifique » de Martin Eden (page 43)
Gilles Campagnolo (philosophe de l'économie, CNRS). La science est un opéra total – un opéra du réel (page 51)
Denis Caroti (professeur de physique-chimie, Marseille). Comment ai-je (enfin) compris ce qu’était la science… (page 57)
Pascal Charbonnat (professeur de philosophie en lycée). La science, outil d’incorporation au monde (page 63)
Stéphane Colombi (astrophysicien, IAP). La science pour moi, sa mise en œuvre et son expression (page 67)
Antoine Danchin (généticien, CHU Pitié-Salpêtrière). Produit de l’écriture, la science fait l’humanité de l’homme (page 71)
Christophe Darmangeat (économiste, Université Paris Diderot). Le cardeur scientifique (page 77)
Pierre Deleporte (biologiste, Université de Rennes 1). Rencontres avec la philosophie des sciences (page 81)
Pascal Engel (philosophe de la logique, EHESS). Réalisme scientifique sans complexes (page 87)
Michael Esfeld (philosophe de la physique, université de Lausanne). La science comme libération (page 93)
Charles Galperin (historien et philosophe des sciences, IHPST). La science comme vocation (page 97)
Nicolas Gauvrit (sciences cognitives, laboratoire CHArt). L’esprit critique formalisé (page 101)
Jean Gayon (philosophe et historien des sciences, Université Paris 1). Qu’est-ce qu’un scientifique ? De la splendeur du vrai au métier (page 107)
Jean Génermont (biologiste, Université Paris-Sud). Où se niche la science ? Regard d’un biologiste (page 113)
Yves Gingras (sociologue des sciences, UQAM). Qu’est-ce qu’une science ? (page 119)
Gabriel Gohau (géologue et historien de la géologie). Les deux sciences… de la Terre (page 125)
Philippe Grandcolas (phylogénéticien, MNHN). La science et notre relation avec le monde : l’équilibre entre sclérose et incertitude (page 129)
Jean Iliopoulos (physicien théoricien, ENS). Science, connaissances, sagesse (page 133)
Laurent Jodoin (philosophe des sciences). Comment définir la science ? (page 139)
Gérard Lambert (médecin, Centre Cavaillès–République des savoirs). Méthode, utopie et culture (page 145)
Maël Lemoine (philosophe, Université François-Rabelais). Jouer le jeu de la science (page 151)
Françoise Longy (philosophe, Université de Strasbourg). La pluralité des sciences et l’idéal de la science (page 157)
Pascal Ludwig (philosophe, Université de Paris-Sorbonne). Un marché libre des idées (page 163)
François Maurice (statistiques sociales, sociologie, Montréal). Une triade scientifique ? (page 169)
Michel Morange (biologiste et historien des sciences, ENS). Une quête humaine toujours inassouvie (page 175)
Maël Montévil (théoricien de la biologie, MSC) & Matteo Mossio (philosophe de la biologie, IHPST). Une brève discussion sur la science, autour d’un verre (page 179)
Françoise Parot (épistémologue et historienne de la psychologie, Paris Descartes). Le chemin vers le doute (page 185)
Michel Paty (physicien, Université Paris 7). La science comme pensée et comme expérience objective du monde (page 191)
Alain Pavé (biologiste, Université Claude Bernard). Point de vue d’un modélisateur (page 199)
David Piotrowski (linguiste, IMM-LiAS) & Yves-Marie Visetti (linguiste, IMM-LiAS). Comment et à quoi pensent les disciplines linguistiques ? (page 205)
Dominique Raynaud (épistémologue, historien des sciences, Université de Grenoble Alpes). Inférer l’inconnu à partir du connu (page 215)
René Rezsohazy (biologiste du développement, UCL). Faire acte de création (page 221)
Armand de Ricqlès (biologiste, Collège de France). La science : une méthode offrant des réponses adéquates aux questions posées par la réalité (page 227)
Dominique Rojat (inspecteur général de l’éducation nationale). Rêves de science (page 233)
Angélique Stéphanou (Biologiste computationelle, CNRS). La science, quête et conquêtes (page 239)
Hervé This (Biochimiste, AgroParisTech). Mehr Licht ! (page 243)
Véronique Thomas-Vaslin (immunologiste, CNRS). Questionnements et connaissance de la complexité (page 251)
Claudine Tiercelin (philosophe, Collège de France). La science, la métaphysique et l’esprit scientifique (page 257)
Franck Varenne (philosophe des sciences, université de Rouen). Une recherche de représentations recroisant ses sources (page 263)
Denis Vernant (philosophe, Université de Grenoble Alpes). De la science aux sciences (page 267)
Pierre Wagner (philosophe, Université Paris 1, IHPST). Sur ce que nous voudrons que la science soit (page 273)
Bernard Walliser (économiste, Paris-Sciences économiques). Les deux piliers de la science (page 279)

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François Pépin et Guillaume Lecointre : Diderot, l'humain et la science

Editions Matériologiques - Avril 2017


Diderot s’intéresse à l’humain depuis ses premiers écrits. Qu’il s’agisse de relativiser la place centrale que la religion lui donne, de renverser le dualisme âme/corps ou de penser l’histoire de l’espèce humaine, il développe des perspectives matérialistes stimulantes. Mais ces éléments ne s’organisent pas en une anthropologie systématique, car, même s’il pense leur cohérence, Diderot préfère déployer des pistes multiples nourries par les sciences de son temps. Les contributions de cet ouvrage s’intéressent à ces perspectives, qui nous conduisent de la chimie à l’économie politique en passant par l’histoire naturelle, la médecine, l’anatomie et la physiologie. Tout en examinant les horizons que chaque savoir offre, elles éclairent les liens qui se nouent entre eux pour dessiner une conception matérialiste complexe de l’humain.

François Pépin est professeur de philosophie en classes préparatoires au lycée Louis le Grand à Paris et chercheur associé à l’Institut d’histoire des représentations et des idées dans les modernités (UMR 5317-ENS de Lyon).

Guillaume Lecointre est biologiste, professeur au Muséum national d’histoire naturelle où il dirige le département de recherche « Systématique­ et évolution ».

Avec les contributions de Gilles Barroux, Marion Chottin, Jean-Marc Drouin, Guillaume Lecointre, Francine Markovits, Adrien Paschoud, François Pépin, Motoichi Terada, Caroline Warman.

Table des matières

Introduction : Diderot au Muséum par Guillaume Lecointre & François Pépin
Chapitre I : Diderot et l’histoire naturelle par Jean-Marc Drouin
Chapitre II : L’histoire naturelle n’a pas assez lu Diderot par Guillaume Lecointre
Chapitre III : La médecine et Diderot : un terreau pour une nouvelle anthropologie ? par Gilles Barroux
Chapitre IV : Diderot et l’Histoire de la médecine : de Bacon à Daniel Le Clerc par Tatsuo Hemmi
Chapitre V : L’homme laboratoire ? La chimie et l’anthropologie matérialiste de Diderot par François Pépin
Chapitre VI : Diffraction du temps et hétérogénéité du sujet : la Lettre sur les aveugles, la Lettre sur les sourds et muets et Le Rêve de d’Alembert par Adrien Paschoud
Chapitre VII : Sciences et perceptions dans la Lettre sur les aveugles et Le Rêve de d’Alembert de Diderot par Marion Chottin
Chapitre IX : De l’élément à la physiologie : une théorie de l’homme ? par Caroline Warman
Chapitre X : Un essai de lecture intertextuelle des Éléments de physiologie en comparaison avec sa principale source : les Primae lineae physiologiae de Haller par Motoichi Terada
Index nominum

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Alexis Cukier et Olivier Gaudin (dirs.) : Les sens du social, philosophie et sociologie

PU Rennes - Avril 2017 - Collection : Philosophica


L'ouvrage interroge les significations que philosophes et sociologues attribuent au « social » afin de clarifier et de faire dialoguer leurs points de vue respectifs. Il détaille les enjeux de sa conceptualisation à partir de ses usages catégoriels : rapport social, action et institution sociales, obligation, norme et critique sociales, etc. Les contributions adoptent des perspectives diverses, s'inspirant du pragmatisme, de la phénoménologie sociale, de la sociologie de Chicago, de la psychologie clinique, ou de la Théorie critique. Toutes participent d'un questionnement commun : l'étude du « social » selon ses usages ontologiques ou normatifs, à des fins d'explicitation et de comparaison. L'ouvrage débute par un entretien croisé entre un philosophe et un sociologue, puis fait alterner des contributions d'auteurs venus des deux disciplines. Il montre qu'au-delà d'objets spécifiques et de références communes, le problème des sens du social constitue l'un des principaux terrains d'entente de la philosophie et de la sociologie.

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mercredi 12 avril 2017

Peter Van Inwagen : La Métaphysique

Editions d'Ithaque - Avril 2017


Traduit de l'anglais (EUA) par Pierre-Alexandre Miot

Avons-nous une volonté libre ? Est-il vrai que « le temps passe » ? Y a-t-il des choses dans le monde qui ne sont pas matérielles ? L’identité personnelle n’est-elle qu’une fiction administrative ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? L’existence des êtres humains est-elle le fruit du hasard ? La vérité est-elle objective ?

Autant de questions qui sont reprises avec une grande originalité par Peter van Inwagen dans cet ouvrage d’introduction à la métaphysique. L’auteur tente d’y apporter des réponses argumentées, en prenant la défense d’un corpus de croyances fondamentales que nous adoptons tous spontanément à propos du réel : la « métaphysique occidentale ordinaire ». S’il nous semble par exemple évident qu’il existe un monde d’objets matériels hors de notre esprit, ou que nous restons bien la même personne tout au long de notre vie, encore nous faut-il examiner les raisons philosophiques qui permettent de fonder de telles croyances. D’où l’intérêt de cet essai, qui propose des justifications rationnelles à notre vision ordinaire du monde dans un style sobre, rigoureux, et néanmoins accessible à tous.

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Collectif : La Douceur dans la pensée moderne. Esthétique et philosophie d’une notion

Classiques Garnier - Avril 2016


En suspendant la violence de ses passions et de ses désirs, l’homme se montre capable d’une relation harmonieuse et respectueuse avec lui-même, les êtres et les choses, dans un dialogue avec la douceur de la vérité et la beauté de l’art qui la recrée.

Première partie : POÉTIQUE ET RHÉTORIQUE DE LA DOUCEUR

Pierre Laurens : La violence de la douceur dans l’œuvre de Pétrarque
Virginie Leroux : Interprétations humanistes d’un précepte horatien. «Non satis est pulchra esse poemata; dulcia sunto» (Art poétique, 99)
Jean-Frédéric Chevalier : Douceur et ironie dans les tragédies latines des Trecento et Quattrocento Hélène Casanova-Robin : Dulcidia et leuamen. Le prisme de la douceur dans l’œuvre poétique de G. Pontano, entre idéal poétique et visée éthique 
Michael Edwards : Shakespeare et la douceur
Daniel Dauvois : Le conflit des douceurs au Traité de la comédie de Pierre Nicole

Deuxième partie : DU SON AU SENS PHILOSOPHIES DE LA DOUCEUR 

Laurence Boulègue : Douceur, otium et vie contemplative dans le premier livre des Disputationes camaldulenses de Cristoforo Landino
Alicia Oïffer-Bomsel : «Revêtir l’humanité, dépouiller la sauvagerie…» : vers l’idéal d’humanitas. La sage alliance entre la parole et la vie dans l’œuvre de Juan Luis Vives
Édith Karagiannis-Mazeaud : La douceur dans l’œuvre de Jacques Peletier du Mans 
Éric Méchoulan : «Garroter doucement ». Droit contre sociabilité chez Montaigne et Saint-Évremond
Pierre Magnard : Le sens de la terre
Hélène Michon : La suavité salésienne
Jérôme Lagouanère : Terrorem potius quam religionem. Douceur, grâce et conversion : sur une citation augustinienne chez Pascal
Maurizio Malaguti : Victrix mitissima veritas. D’après une suggestion de J. R R. Tolkien

Troisième partie : DU MOUVEMENT À LA COULEUR ESTHÉTIQUE DE LA DOUCEUR 

Florence Malhomme : L’éloquence du centaure. Douceur et musique dans l’art équestre à l’âge humaniste et classique
Émilie Séris : «Dulciter tamen ». Douceur et utilité du nu à la Renaissance
Lauro Magnani : Montrer la douceur. Formes et gestes d’un sentiment dans la peinture religieuse entre xvie et xviie siècle 
Catherine Fricheau : Ut pictura poesis? La notion de douceur dans la critique d’art au xviie  siècle. Les exemples de Perrault, Rapin et Félibien

Bibliographie
Index des noms
Résumés

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lundi 10 avril 2017

Renée Koch-Piettre : Epicure. La voix de la nature

Entrelacs - Avril 2017




Autour d’une sélection de textes d’Épicure (né vers 341 av. J.-C.), cet ouvrage décrit une philosophie, une sagesse, un mode de vie particulier et à dimension universelle : l’épicurisme.
Avec brio et clarté, l’auteure nous fait entrer dans la vie, le langage et les modes de pensée d’Épicure et nous expose les fondements de sa doctrine. Axée sur une étude pénétrante de la Nature et sur la recherche du bonheur, l’école épicurienne, l’une des plus importantes écoles philosophiques de l’Antiquité, est une maison de pensée communautaire ouverte et bienveillante. L’on y philosophe ensemble pour discerner le plaisir à accueillir et les maux à rejeter, et par là atteindre dans la vie un salut individuel immédiat, un bonheur digne et à la portée de chacun.

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Alain Juranville : De l'histoire universelle comme miracle. Récit philosophique et récit biblique

Cerf - Avril 2017 - Cerf-Patrimoines


Le monde actuel, celui de la mondialisation, est abordé dans cet ouvrage sous l'angle du religieux. On tente d'y montrer que, pour tous les hommes, quelle que soient leur culture et leur religion, la fondation de l'Etat d'Israël est un miracle par lequel commence celui, plus général, de l'histoire universelle, dont l'achèvement a été prédit par l'histoire originelle du peuple juif telle que la rapporte le Pentateuque). L'auteur mène dans cet ouvrage une discussion permanente avec Rosenzweig et Heidegger, s'appuie sur les analyses de Foucault, reprend les considérations de Weber quant aux grandes religions, et rencontre les oeuvres de Marcel Proust et de Michel Houellebecq. La méthode suivie dans chacun des dix-huit articles qui composent cet ouvrage est celle, en écho à Descartes et surtout à Spinoza, d'une "mathématique existentielle".

Alain Juranville, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégé de philosophie, a enseigné la philosophie moderne et contemporaine à l'Université de Rennes 1. Il a publié notamment, aux PUF, Lacan et la philosophie (1984, 1988, 1996, 2003) ; La philosophie comme savoir de l'existence (2000) ; Inconscient, capitalisme et fin de l'histoire (2010) et, aux éditions du Cerf, Les cinq époques de l'histoire. Bréviaire logique pour la fin des temps (2015, 2016). Il a participé récemment au volume collectif L'antijudaïsme à l'épreuve de la philosophie et de la théologie publié sous la direction de Danielle Cohen-Lévinas et d'Antoine Guggenheim aux éditions du Seuil (2016).

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Maël Lemoine : Introduction à la philosophie des sciences médicales

Hermann - Avril 2017


En France, l’épistémologie de la médecine est facilement réduite à l’étude du magistral essai de Canguilhem, Le normal et le pathologique. Toutefois, ce livre publié il y a plus de soixante-dix ans ne reflète plus l’état des sciences médicales contemporaines, ni celui des débats poursuivis par les philosophes des sciences depuis. Le présent livre, premier du genre en langue française, a pour ambition d’introduire le lecteur à la philosophie des sciences médicales. Ses dix chapitres initieront le lecteur aux débats qui l’agitent, sans que soient requises des connaissances philosophiques ou médicales préalables. Il répond à la fois à la demande de médecins en quête d’une philosophie qui leur parle de leur discipline et de leurs pratiques, et de philosophes à la recherche d’un guide dans ce champ morcelé et dominé par la philosophie d’expression anglaise.

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samedi 8 avril 2017

Arne Naess : Une écosophie pour la vie. Introduction à l'écologie profonde

Le Seuil - Avril 2017 - Collection : Anthropocène


Voici enfin disponible la sagesse d'un pionnier de la pensée écologiste.
Étonnamment méconnue en France, l'écosophie d'Arne Næss, philosophe majeur du XXe siècle, est ici présentée à travers dix textes accessibles et sensibles. On y apprend ce qu'est véritablement l'écologie profonde et comment cette philosophie est née d'une relation intime avec la montagne.
Prolongeant la pensée de Spinoza, Næss montre comment l'affection pour tout ce qui est vivant – et non le rapport objectivant, gestionnaire ou dominateur sur la nature – est au coeur du développement personnel, de la formation de l'identité sociale... et d'une société plus juste.

Arne Næss (1912-2009) est le fondateur de la deep ecology et de l'écosophie. Figure majeure de la philosophie contemporaine et de la pensée écologique, il a publié de nombreux livres et reçu plusieurs distinctions en tant que penseur, résistant de la Seconde Guerre mondiale, puis militant de la cause écologique.

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Fabrice Flipo : Réenchanter le monde. Pouvoir et vérité

Editions du Croquant - Avril 2017


La fin du marxisme en tant qu'"horizon de notre temps" a ouvert une période souvent appelée "post-moderne". Elle couvre approximativement les années 1970 à 2000 et se caractérise par la déconstruction. On observe ensuite un attrait renouvelé de la synthèse, pour diverses raisons : l'expérience totalitaire n'est plus aussi centrale, pour les nouvelles générations ; la multiplication des approches et la déconstruction généralisée a aussi fait perdre le sens global de notre époque, débouchant sur ce que certains auteurs appellent le parcellitarisme ; l'émergence des anciens pays en développement sur la scène internationale apporte un regard neuf et partiellement extérieur à l'Occident, mettant en lumière ce que cette zone culturelle a de particulier et mettant à mal l'universalisme revendiqué. Cet ouvrage entend contribuer à l'effort et tenter un bilan synthétique et dialectique de la question de l'émancipation, à l'époque de la mondialisation et de la crise écologique. Il procède en trois étapes : un bilan du libéralisme, dans sa critique du conservatisme (thèse) ; un bilan des marxismes et post-marxismes, dans leur critique du libéralisme (antithèse) ; et une troisième partie de synthèse, se situant dans le prolongement théorique d'un ouvrage précédent sur l'écologisme, où l'auteur propose de réarticuler des concepts tels qu'autorité, religion, politique, science, culture et sacré, afin d'éclairer d'un jour nouveau la question de l'émancipation. La conclusion rejoint Gramsci et d'autres pour qui l'émancipation réside dans le fait d'agir en vérité. Cette affirmation apparemment simple se fonde sur un concept cosmologique de vérité élaboré principalement sur la base des travaux de Laclau, Sartre et de Whitehead. Il ouvre des pistes pour penser l'articulation de l'un et du multiple, dans une perspective résolument non relativiste.

Fabrice Flipo, maître de conférences HDR en philosophie sociale et politique (17e section) et épistémologie des sciences et techniques (72e), est enseignant à Télécom EM (Mines-Télécom) et chercheur au Laboratoire de Changement Social et Politique (Paris 7 Diderot). Ses recherches débutent avec une thèse sur la question de la justice dans le changement climatique soutenue en 2002.

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Hans Blumenberg : Concepts en histoires

Editions de l'Eclat - Avril 2017 - Collection : Philosophie imaginaire


De 1985 à 1990, le philosophe Hans Blumenberg a fait paraître dans le feuilleton littéraire de la ­Frankfurter Allgemeine Zeitung une série de billets, d’une grande ironie et magnifiquement ciselés, constituant le cœur de ces Concepts en histoires qui s’ouvrent sur un souvenir d’enfance en forme de métaphore. Tout comme le motif apparaissait lentement sur le papier trempé au bain du révélateur, quand le jeune Hans assistait son père, ­photographe amateur, le concept surgit des histoires et des anecdotes que Blumenberg glane au gré de ses déambulations dans le livre de la vie, grâce à son immense culture érudite. Ces instantanés au quotidien, qui accompagnent une œuvre philosophique aussi exigeante qu’inclassable, en font ainsi l’un des tout premiers prosateurs du second XXe siècle allemand, aux côtés, par exemple, d’un W. G. Sebald, avec qui il partage, outre le goût pour les chambres noires, le sentiment que les mots ont une histoire à laquelle adhèrent inévitablement celle de leurs emplois les plus terrifiants par l’idéologie et la méthode méticuleuse de reconstruction d’une mémoire, face aux maquillages qui ont cherché à effacer, en Allemagne précisément, les traces nazies de cette histoire.

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mardi 4 avril 2017

Nikos Foufas : L'aliénation dans la Phénoménologie de l'esprit

Editions L'Harmattan - Avril 2017


Cet ouvrage se propose comme tâche une lecture méthodique de la place centrale et des sens multiples de l'aliénation, aussi bien que du statut théorique de l'extériorisation dans la Phénoménologie de l'esprit de Hegel. Quelle est la place de ces notions dans l'oeuvre majeure du philosophe allemand ? Mais, à part la compréhension de la centralité et des métamorphoses du concept d'aliénation dans l'ensemble du texte de 1807, nous essayons de lire les fameux chapitres sur la culture (Bildung) et le savoir absolu, à travers précisément l'extériorisation et l'aliénation. Nous voulons ainsi mettre l'accent tantôt sur l'aspect et l'enracinement profondément social-historique de ces deux notions, tantôt sur leur sens spéculatif, autrement dit, concevoir l'itinéraire par le biais duquel l'esprit forme l'effectivité, finissant par former son propre être. 

Nikos Foufas est chercheur en philosophie, attaché à l'Université Panteion des sciences sociales et politiques à Athènes. Il s'intéresse principalement à la pensée de Hegel, de Marx et de Lukücs, ainsi qu'aux théories de l'aliénation et de la réification dans la pensée marxiste du siècle.

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Edmund Husserl : Nature et esprit. Leçons du semestre d’été 1927

Librairie Philosophique Vrin - Avril 2017 - Bibliothèque des Textes Philosophiques


Donné à l’Université de Fribourg durant le semestre d’été 1927, ce cours compte parmi les derniers de la longue carrière académique de Husserl. Sous le titre général « Nature et esprit », il y poursuit sa recherche anti-naturaliste, engagée dès le début des années 10, d’un critère sûr de distinction et d’articulation des sciences de la nature et des « sciences de l’esprit ». À cet égard, l’originalité de ce cours est double : on y trouve non seulement une réflexion approfondie, à la fois ontologique et épistémologique, sur le sens philosophique de l’idée d’une classification des sciences débouchant sur la proposition de plusieurs classifications possibles, mais également l’élaboration d’une fondation philosophique des sciences positives par un retour méthodique aux structures du monde de l’expérience préscientifique. C’est donc toute la phénoménologie husserlienne tardive du « monde de la vie » qui s’esquisse pour la première fois dans ce cadre.
Chemin faisant, Husserl est amené à se confronter aux autres courants philosophiques animés par cette ambition de fondation : la pensée de Dilthey, et à travers elle la « philosophie de la vie », mais aussi et surtout le néokantisme de l’école de Heidelberg, dont une critique inédite et détaillée est exposée dans ces pages. Retournant contre Windelband et Rickert la référence à Kant et l’idée d’une déduction transcendantale, Husserl donne les moyens à la phénoménologie de se revendiquer comme une « philosophie scientifique de la vie », articulant sans contradiction un intuitionnisme de principe et une confiance renouvelée dans la raison.
Véritable carrefour de la pensée husserlienne, ces leçons contribuent à donner une idée de ce « système » auquel il est arrivé à Husserl d’avouer qu’il aspirait, en même temps qu’elles fournissent des thèses et des arguments susceptibles de nourrir la réflexion, toujours contemporaine, sur le programme naturaliste.

Traduction et présentation par Julien Farges.

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